SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Aoun à Rome et Al-Rahi au Caire

À la lumière du niveau élevé des crises à tous les niveaux internes, le président de la République, le général Michel Aoun, s’est rendu à Rome, où il a tenu plusieurs réunions, avec des responsables italiens et du Vatican, dont la plus importante a été sa rencontre avec le pape François, et ce qui est remarquable au cours de la visite est le discours du président Aoun, qu’il a lancé depuis la capitale du catholicisme que le Liban chrétien est très bien, et il ne s’est pas contenté de cela, mais il a aussi délibérément défendu les armes du Hezbollah, et il a peut-être oublié que le peuple libanais souffre des problèmes et que la communauté chrétienne, comme les autres composantes du Liban, vit les pires conditions sous la pression des problèmes, des difficultés et des innombrables crises qui atteignent le point d’atteindre l’enfer.

Contrairement à la position d’Aoun, une déclaration a été publiée par le Vatican qui comprend de nombreuses positions qui correspondent à la réalité de la situation libanaise, bien plus que ce qui a été publié par le président du pays,qui est censé être le protecteur du pays et de ses institutions et le préservateur de la dignité de son peuple. Le communiqué du Vatican indique que la discussion avec le Président Aoun s’est concentrée sur les grands problèmes économiques et sociaux dont souffre le Liban, le dossier des prochaines élections parlementaires et les réformes nécessaires pour renforcer les relations de coexistence pacifique entre les différentes composantes sectaires au pays des cèdres, ainsi que d’autres questions importantes, notamment la nécessité de rendre justice aux conséquences catastrophiques de l’explosion du port de Beyrouth et de découvrir la vérité réclamée par les familles des victimes.

Au moment où le président de la République considère que les chrétiens du Liban ne souffrent pas, le chef de l’Église maronite, le patriarche Mar Bechara Boutros Al-Rahi, s’est rendu à son tour en République arabe d’Égypte pour une visite historique au cours de laquelle il a rencontré ses hauts responsables, de son président Abdel Fattah Al-Sisi au grand cheikh d’Al-Azhar, le grand imam Dr Ahmed Al-Tayeb. Le patriarche a donc profité de sa présence au Caire pour visiter la Ligue des États arabes, où il a rencontré son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit. Comme le président Aoun, le patriarche maronite a également lancé une série de positions, mais il s’agit de positions patriotiques et réalistes par excellence et dont le contenu est complètement différent de ce qu’a dit Aoun. Le chef de l’Eglise maronite a estimé que la question des « armes du Hezbollah » ne peut être contrôlée par les Libanais, soulignant que s’il y avait eu une stratégie défensive, une partie du problème aurait été résolue, refusant de maintenir le Liban isolé de son environnement arabe et régional comme il l’est aujourd’hui, et Il a également réitéré ses positions concernant l’appel à la neutralité du Liban.

Des sources politiques bien informées ont salué, via « Sawt Beirut International », les récentes positions d’Al-Rahi, qui sont considérées comme complémentaires aux positions fondamentales prises par ses prédécesseurs au cours de l’histoire. Les sources ont souligné que le patriarche Al-Rahi est un cardinal, ce qui signifie qu’il appartient au Collège des cardinaux, et que tous ses mouvements sont surveillés par le Saint-Siège, et si la question de la neutralité du Liban se présente sous la forme que le patriarche expose et appelle la communauté internationale à soutenir, il ne fait aucun doute que le Vatican aura un rôle influent à cet égard.

Les sources politiques mentionnent que la base de l’existence du Liban est la neutralité, et cette question est au cœur de sa formule, de sa charte et de sa constitution, et ce que le patriarche Al-Rahi demande, c’est l’application de ce principe, c’est-à-dire de ne pas être partie intégrante des conflits régionaux et de se tenir à égale distance de toutes les parties en conflit.

Les sources considèrent donc que l’appel du Patriarche sur la question de la neutralité est plus sérieux et honnête que jamais, et que sa position exprime celle de la majorité des Libanais, surtout à la lumière de l’isolement que connaît le pays. Et les sources précisent que le Liban est un membre fondateur des Nations unies et de la Ligue des États arabes, et que la protection de son peuple et la sauvegarde de son identité sont liées à la sécurité nationale arabe et à la paix régionale et internationale, ce qui est garanti par le droit humanitaire international.

Enfin, la question qui se pose est la suivante : combien de temps le président du pays continuera-t-il à vivre dans un état de déni sans faire face à la réalité, alors que le pays s’effondre et se dégrade de plus en plus ?

    la source :
  • Sawt Beirut International