SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 November 2022, Tuesday |

C’est le « Liban » que veut le Hezbollah… Mais quel Liban les autres veulent-ils ?

Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, peut être considéré comme le « théoricien du parti » au même titre que « Mikhail Suslov », le théoricien du parti communiste soviétique, ou que Michel Aflaq, fondateur et théoricien du parti Ba’ath.

Les paroles de Qassem sont la position officielle du Hezbollah, et l’une de ses théories qui doit être prise en considération.

La dernière théorie de Qassem est « l’identité du Liban », telle que la souhaite le Hezbollah, et il dit : « Quel Liban voulons-nous ? Nous voulons un Liban fort ou un Liban faible ? Nous voulons un Liban dépendant ou un Liban indépendant ? Nous voulons un Liban qui accepte les dictats ou un Liban qui décide de son propre avenir et de celui de ses enfants ? Nous sommes avec le Liban, qui veut l’avenir de ses générations, et être un maître indépendant et fort. C’est le Liban qui a acquis une réputation dans le monde grâce à la résistance et aux victoires. C’est le Liban que nous voulons, alors celui qui veut le rejoindre, et celui qui ne le veut pas, qu’il cherche une autre solution. Vous ne ressemblez pas au Liban, c’est nous qui ressemblons au Liban. »

Y a-t-il une déclaration plus claire que celle-ci ?

L’identité du Liban, selon le « théoricien » Naim Qassem, est « Le Liban de la Résistance », c’est-à-dire « le Liban du Hezbollah », « et celui qui ne le veut pas, qu’il cherche une autre solution », c’est-à-dire il veut que les Libanais « rejoignent » le Liban dont souhaite le Hezbollah.

Ce défi est censé pousser les autres, tous les autres, sans exception : partis et courants, à s’exprimer : Veulent-ils « le Liban, du Hezbollah » ? Comment vont-ils réagir ? Est-ce par le silence, qui est souvent un « signe de contentement » ?

Ce que propose Cheikh Qassem est dangereux, comme si par cette théorie il voulait dire aux Libanais : Quel que soit le résultat des élections législatives qui auront lieu l’année prochaine, et le Parlement qui en sortira, le Hezbollah a prédéterminé ce qu’il veut !

C’est le concept de « démocratie » auquel croit le Hezbollah, alors vous ‘les autres », soyez prêts à y répondre, et si vous ne le faites pas, vous serez soit en train d’accepter, soit d’acquiescer, soit de renoncer.

Qui parmi vous pourrait dire : Ce n’est pas notre Liban, et il n’y a pas de place pour votre projet dans notre Liban.

La première réponse s’impose à l’allié du Hezbollah, qui est lié à lui depuis mars 2006 par un protocole d’accord, c’est-à-dire le Courant patriotique libre. Répond-il à cette question ? Ou que ses considérations électorales l’empêchent de répondre ?