SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 1 December 2022, Thursday |

Coordination entre l’Egypte, la France et le Vatican à propos du Liban

À chaque visite à l’étranger, le patriarche maronite, Bechara Al-Rahi, porte les préoccupations de la patrie affligée et blessée, et voyage de Rome à la France, en passant par l’Arabie Saoudite et en atterrissant en Égypte, pour obtenir le soutien international et arabe pour tenir le Liban à l’écart de toutes les crises qui affligent la région et qui ont de grands effets sur la région et sur la situation libanaise.

Il est vrai que la visite d’Al-Rahi en Égypte revêt un caractère religieux, mais elle revêt également un caractère politique important, représenté par la rencontre qu’il a eue avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi, avec le secrétaire général de la Ligue des États arabes Ahmed Aboul Gheit, et avec le cheikh d’Al-Azhar Mohamed Ahmed El-Tayeb, en plus de la rencontre avec d’autres personnalités politiques et religieuses.

Selon les informations, des sources politiques bien informées au Caire ont confirmé à « Sawt Beirut International » que l’Egypte ne considère pas ou ne traite pas Sa Béatitude le Patriarche comme une haute référence spirituelle pour la communauté maronite d’Antioche et du reste de l’Orient seulement, mais aussi comme un site politique de premier plan qui a son rôle, sa présence et ses relations avec la communauté arabe, ainsi qu’avec les pays du monde.

Les positions lancées par le Patriarche Al-Rahi il y a presque deux ans, et ses appels à la neutralité du Liban, et à son éloignement de la politique des conflits et des axes régionaux et internationaux, sont des positions que le Caire a suivies avec grand intérêt, et il essaie avec les parties régionales et internationales de lutter et de travailler pour atteindre ces objectifs, qui sont une partie essentielle et centrale de l’Accord de Taëf.

La neutralité et la décentralisation administrative sont deux éléments importants de l’accord de Taëf, d’autant plus que les prises de position et les sermons du patriarche au cours des dernières années ont constitué un tournant significatif et une étape nouvelle et avancée au Liban comme à l’étranger.

De ce point de vue, il semble que la visite d’Al-Rahi au président Al-Sisi et les questions politiques et économiques qu’il a présentées feront l’objet d’un suivi égyptien, après que Bkerki ait senti la sympathie et le soutien égyptien pour les questions nationales et économiques qui ont été soulevées, ainsi qu’une affirmation du président Al-Sisi personnellement d’intensifier ses contacts avec les références politiques internationales et régionales, ainsi qu’arabes. Pour sauver le Liban et préserver sa stabilité et sa sécurité en tant que partie constante et essentielle de tout axe international ou régional.

Dans ce contexte, des canaux de communication ont été ouverts entre l’Égypte et le Vatican, et l’Égypte et la France, les deux pays qui connaissent le dossier libanais. Les informations indiquent qu’Al-Sisi a pris contact avec le Vatican et Paris pour soutenir et appuyer le Liban dans la possibilité de sortir du cycle qui a détruit ses institutions et appauvri son peuple.

Il est apparu clairement que Bkerki était armé du soutien égyptien et de l’appui des propositions du patriarche sur la nécessité de neutraliser le Liban de tout conflit extérieur afin de protéger sa stabilité et sa sécurité face aux changements régionaux et internationaux.

Il est certain que le Patriarche a révélé tous ses papiers, et il est certain que la présence des frères arabes aux côtés du Liban est inévitable, surtout depuis que des signes ont commencé à apparaître dans le public qui parlent de contacts étendus ayant lieu entre le Vatican et Al-Azhar, et en coordination avec les pays régionaux et internationaux, sur la possibilité de convoquer une conférence de protection sociale traitant de la détérioration des conditions financières, économiques et humanitaires au Liban, et comment affronter cette question, au début de l’été prochain, après qu’il soit devenu évident que la soi-disant coexistence réelle entre musulmans et catholiques au Moyen-Orient est devenue menacée.

    la source :
  • Sawt Beirut International