SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 November 2022, Tuesday |

Des ministres « indépendants » sauf de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah

« Spécialistes indépendants »… C’est l’adjectif donné aux ministres du gouvernement qui a adopté le slogan : « Ensemble pour le sauvetage ».

L’indépendance des ministres a été « confirmée » lorsque le ministre de la Culture Mortada dit d’une voix forte et avec un ton menaçant : « Je parle au nom du président Berri et de Nasrallah. Si on ne se débarrasse pas du juge Bitar, vous verrez demain quelque chose que vous ne verrez pas de votre vie. » Le Président de la République n’a pas toléré ce ton menaçant et a quitté la séance.

Encore un ministre « spécialiste indépendant » ! Il s’agit du ministre de l’information, George Kordahi, qui a offensé le Royaume d’Arabie Saoudite. Il avait été prié de s’excuser et il a refusé. Le Royaume d’Arabie Saoudite, le Koweït, le Bahreïn et les Emirats ont pris des mesures diplomatiques, mais cela n’a pas incité le ministre Kordahi à s’excuser, au moins, ou à démissionner, au plus.

Deux ministres de la catégorie des « spécialistes indépendants » sont apparus plus forts que le Président de la République, le Premier ministre, les partis et les courants. Une personne saine d’esprit croirait-elle que deux ministres « spécialistes indépendants » travaillent en dehors de la volonté de l’autorité exécutive réunie, du Président de la République et du Premier ministre ?

En fait, le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati n’est ni un gouvernement de spécialistes ni un gouvernement d’indépendants, c’est le gouvernement de « l’équipe de résistance » dirigée par l’Iran, et si ce n’était pas le cas, le ministre du Mouvement Amal n’aurait jamais été capable d’élever la voix et frapper la table avec sa main, en adressant ses mots au Président de la République, sous le silence assourdissant et non surprenant du Président Mikati.

Et si le gouvernement n’avait pas été celui de « l’équipe de résistance », le ministre de l’information, Georges Kordahi, n’aurait jamais été capable de ne pas s’excuser ou de ne pas démissionner.

Il a été prouvé sans aucun doute que le gouvernement est dirigé depuis Haret Hreik et non depuis Baabda ou Saraya, même si les rôles « sur la scène du gouvernement » sont donnés à telle ou telle autorité ou tel ou tel ministre, le vrai rôle et la décision finale revient au siège derrière le rideau, qui est assis dans Haret Hreik, qui déplace les joueurs et de temps en temps apparaît au public pour lui rappeler que c’est lui qui prend la décision :

Le Hezbollah a décidé qu’il n’y aurait pas de séances du cabinet avant le dessaisissement de l’enquêteur judiciaire, Tarek Bitar, et il a eu ce qu’il voulait.

Il a décidé que le ministre de l’Information ne devait pas démissionner, et il a eu ce qu’il voulait. Alors peut-on dire que les ministres du gouvernement sont des « indépendants et des spécialistes » ?

Lorsque le président de la République, le général Michel Aoun, a annoncé qu’il participerait au Sommet sur le climat, le président Mikati lui a demandé de diriger la délégation libanaise, où il y aurait place pour une rencontre avec les chefs des pays participants.

Après ce qui s’est passé, et après qu’il a été révélé que le gouvernement de Mikati est le gouvernement de l’Iran, les objectifs des réunions que Mikati avait menées ont disparu, parce que ceux qui les ont rencontrées ont réalisé avec une preuve concluante que la décision au Liban n’est pas avec le président Mikati, et donc il n’y a aucune raison de lui demander une quelconque obligation parce qu’il ne sera pas en mesure de la remplir.

Même si Kordahi « accepte » de démissionner. Que dire des séances du cabinet que le Hezbollah empêche avant le le dessaisissement du juge Bitar ?

En pratique, le gouvernement est tombé dans un coma artificiel, même sans la démission de son premier ministre.