SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 21 October 2021, Thursday |

Des sources diplomatiques : Inquiétude quant à l’implication de la France dans la coopération avec l’Iran sur le Liban

Il y a un paradoxe dans la question de la première visite du Premier ministre Najib Mikati en France après l’obtention de la confiance de son gouvernement, car selon la coutume, la première visite à l’étranger du Premier ministre devait être effectuée à Riyad en raison de son poids arabe et international, et de son symbolisme historique. Mais cette porte ne sera ouverte au Liban officiellement que s’il opère un changement réel et fondamental, et alors qu’il paie encore le prix de sa politique étrangère déséquilibrée, affectée par le déclin de l’autorité de l’Etat au niveau interne.

En ce qui concerne l’impact de la visite, des sources diplomatiques françaises révèlent que l’objet de la recherche porte sur les priorités du gouvernement libanais, et les mesures à prendre pour sortir le Liban de sa crise économique et sociale, et la coordination française avec le Liban pour suivre le rythme de ces mesures.

Des sources diplomatiques bien informées confirment que la rigueur française se manifeste dans le traitement du dossier libanais, notamment en ce qui concerne les performances du gouvernement et la nécessité pour celui-ci de se conformer à la feuille de route fixée par l’initiative française, soutenue par la communauté internationale, même si la France n’a pas pu la mettre en œuvre en ce qui concerne la formation d’un gouvernement, mais elle veut faire pression sur le gouvernement tant qu’il est formé pour en faire un pilier de son action. Cela se fait en parallèle avec le réengagement franco-américain et la volonté de poursuivre la coopération, après la tension des relations en raison de la crise du sous-marin nucléaire australien. La France ne veut pas glisser dans l’isolement international, elle a donc réactivé ses intérêts, en commençant par le dossier libanais.

Malgré cela, les sources s’inquiètent de l’idée que la France va se livrer davantage à une coopération directe avec l’Iran sur le Liban et suivre l’évolution de sa situation. Et le Liban, qui n’est qu’une priorité internationale pour les Français, et après la communication entre Paris et Téhéran en vue de former un gouvernement, il y a des indications de poursuivre cette communication pour arranger la situation libanaise et partager les intérêts autour de ce pays à la lumière du manque de clarté de l’image de la politique américaine dans la région et de son désir de se retirer de certains dossiers. Par conséquent, Paris est intéressé à réaliser les termes de son initiative en matière économique, à condition que tout manque de coopération du gouvernement ou du Parlement expose les responsables de l’obstruction aux sanctions européennes.

Également, les sources confirment que la France a surmonté l’échec de son initiative de former le gouvernement, et qu’elle ne voulait pas fondamentalement toute cette équipe politique et politisée, et se penche maintenant sur deux questions : La première est que le Liban reste à l’écart de toute prise de position politique sur les affaires étrangères qui lui nuisent et nuisent à ses intérêts, et la seconde : que la Chambre des représentants vote des lois qui réalisent de vraies réformes et dans le cadre de certaines normes, que les Européens et les Américains ont rapportées aux officiels. De sorte que si le Liban tente d’échapper à ces normes, il atteindra dans ses conditions quelque chose de plus dangereux que « l’enfer actuel », et il ne recevra aucune aide internationale.

La dernière proposition de loi sur le « contrôle des capitaux », selon les responsables du Fonds monétaire international, était médiocre. Il semble qu’elle comprenait un contournement de ce que veut la communauté internationale, et cherchait à garantir les intérêts personnels de certains représentants de la structure bancaire.

Et le Liban, selon les sources, va gérer son problème par lui-même, à condition que les Français l’aident et l’accompagnent, et non les Iraniens, qui ne sont pas en relation avec le Fonds monétaire international. Mais dans d’autres domaines politiques, on s’inquiète de l’effort constant de l’Iran pour continuer à tenir le Liban comme une carte dans les négociations avec les Etats-Unis et pour contrôler sa décision.