SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 24 October 2021, Sunday |

Il est inutile que l’autorité fasse l’autruche

En diplomatie, la forme est souvent aussi importante que le fond, ainsi on entend parfois dire à propos d’une réunion que « la poignée de main était froide » ou que l’accueil « n’était pas à la hauteur de la représentation attendue. »

La forme a été beaucoup suivie ces deux derniers mois au Liban et dans les dossiers liés au Liban. Les pays concernés par le dossier libanais ont commencé à traiter avec un certain mépris la classe politique, en échange de la préservation des institutions qui constituent l’épine dorsale et le noyau pour ne pas effondrer, toutes ces institutions qui forment la pierre angulaire pour la restauration de l’Etat, en tête desquelles le pouvoir judiciaire et l’institution militaire.

Une simple comparaison confirme ce qui précède :

Lorsque le commandant des forces armées, le général Joseph Aoun, s’est rendu en France, à l’invitation de son homologue français, le président français Emmanuel Macron l’a reçu, même sans faire de déclaration ni même distribuer une photo de la rencontre, la nouvelle de la réception en elle-même est de la plus haute importance.

D’autre part, lorsque le premier ministre intérimaire, Hassan Diab, a appelé les ambassadeurs arabes et étrangers, pour leur expliquer la réalité libanaise, et leur demander de l’aide, il a été rejeté par les ambassadeurs. En fait, l’ambassadrice française a répondu par une sorte de « réprimande » après ses propos « non diplomatiques » dans lesquels il a tenu les pays responsables de l’effondrement du pays et de son siège, sachant que tout le monde sait que l’autorité n’est pas à la Saraya ou à Baabda, mais à Haret Hreik.

La réprimande française n’est pas surprenante. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian n’avait-il pas précédemment réprimandé la classe politique libanaise ? Le président français Emmanuel Macron ne l’a-t-il pas fait ?

Le président Diab n’a-t-il pas lu le  » message  » de l’absence de l’ambassadeur saoudien à la réunion de Saraya ?

Jusqu’à la visite de l’ambassadrice américaine au Liban Dorothy Shea et de l’ambassadrice française au Liban Anne Grillo, en Arabie saoudite, son plafond était une tentative de prendre une promesse pour obtenir une aide pour l’établissement militaire, car les deux ambassadrices savent que la position du Royaume est bien connue et il n’est pas nécessaire de la répéter : le Royaume n’est pas avec le gouvernement décisionnaire du Hezbollah, que son président et ses ministres présentent des outils malléables dans la main du Hezbollah.

Ce qui est demandé au Liban :

Un gouvernement indépendant du Hezbollah, qui entame des réformes politiques et puis viennent les prêts et l’aide.
On ne peut pas inverser cette pyramide et commencer par le troisième élément.

Revenons à la diplomatie, lors de la visite des deux ambassadrices au Royaume, la rencontre a eu lieu avec le sous-secrétaire du ministère des Affaires étrangères pour les affaires politiques et économiques, l’ambassadeur Eid bin Muhammad Al-Thaqafi, ce qui signifie que les discussions n’ont pas dépassé la question de l’aide.

Demain, lundi, les deux ambassadrices complèteront ce qu’elles ont fait à Riyad, par une rencontre avec l’ambassadeur saoudien à Beyrouth à la maison de l’ambassade à Yarzeh, mais ce qui est écrit est lu à partir de son titre : Pas d’aide avant les réformes, et comment réaliser les réformes si le Hezbollah contrôle le pouvoir.