SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2021, Sunday |

La ligne 29 sera-t-elle une ligne de négociation pour la démarcation des frontières ?

La visite du conseiller du Secrétaire d’Etat américain pour les affaires énergétiques, Amos Hochstein, pénètre la scène de la crise libanaise, et sa mission constitue l’une des plus importantes priorités de l’administration américaine à l’égard du Liban. Il s’agit de reprendre la médiation entre le Liban et Israël pour délimiter les frontières maritimes afin de commencer l’exploration et l’investissement du pétrole. Les négociations sont suspendues depuis mai dernier.

L’administration envoie Hochstein en raison de son expérience antérieure dans ce domaine, et du fait qu’il bénéficie de la pleine confiance du président Joe Biden, où il peut non seulement assurer le suivi, mais aussi prendre des décisions sur les options que Washington adoptera pour traiter la question de la démarcation.

M. Hochstein évoque également l’approvisionnement du Liban en gaz égyptien et en électricité jordanienne, et ce que son administration fait pour faciliter cette question par le biais du mécanisme des exceptions à la « loi César » pour les sanctions contre la Syrie, puisque cette énergie passera par son territoire.

Et une source ministérielle confirme à « Sawt Beirut International » que le Liban a défini sa vision de la manière de traiter ses droits maritimes, puisqu’il demandera à une société étrangère de fournir un avis scientifique sur ces droits et s’il doit adopter le point 29 ou d’autres points. Le point 29 identifié par l’armée libanaise est le point central de la modification du décret 6433, qui n’a pas été signé par le président de la République. Le décret de base a été signé en 2012 sur la base du point 23. Sur la base de l’avis scientifique que la société donnera, le Liban prendra sa décision. Le Premier ministre Najib Mikati demandera directement à la société d’exprimer son avis, ainsi le Président de la République tarde à signer l’amendement du décret, afin que la ligne 29 soit une ligne de négociation et non la ligne de démarcation réelle attendue.

De plus, des sources diplomatiques confirment que Hochstein vise, lors de sa visite, à connaître le degré de sérieux des Libanais à reprendre les négociations, ainsi que la perception par le Liban de ses droits maritimes et de ses frontières, et les points frontaliers qu’il présentera sur la table des négociations. Il attend ce qu’il va entendre à Beyrouth, et les responsables libanais attendent sa nouvelle approche de ce dossier. Il soulignera l’importance d’accélérer la mise à profit des richesses marines du Liban, d’autant plus qu’il traverse une crise historique, et qu’en investissant l’énergie de la mer, il peut sauver son économie. Les entreprises américaines sont également intéressées par l’exploration et l’investissement dans les richesses marines du Liban.

Dans le cadre de sa nouvelle approche, il n’y aura pas de négociations indirectes entre le Liban et Israël à Naqoura, mais plutôt que Hochstein adoptera le mouvement de navette diplomatique entre les deux pays, transmettant des messages entre le Liban et Israël. Sur la base de ce mouvement, il posera de nouvelles bases de négociation à développer à la lumière des idées présentées entre les deux parties. Le recours à l’entreprise contribue à clarifier et à unifier la position libanaise. Car le Liban n’est pas prêt à lâcher le moindre pouce de ses droits sur l’eau. Les sources ont souligné que Washington, avant la visite, a senti que le Liban était ouvert à la discussion de propositions ultérieures qui lui permettraient d’extraire sa richesse. Le Liban se félicite de la reprise de la médiation américaine, et est informé que la mission actuelle de Hochstein ne lancera pas de négociations indirectes à Naqoura.

Le Liban attend également le contenu des pourparlers de Hochstein pour prendre une décision sur la forme de la délégation libanaise qui négociera lors de la prochaine étape, et les résultats que le Liban peut obtenir et qui constituent des instructions spécifiques pour sa délégation. Il convient de noter que le chef de la délégation, le général de brigade Bassam Yassin, est en fin de mandat, et que le renouvellement du personnel militaire ne se fait pas. La question est de savoir si un autre militaire lui succédera, ou s’il restera le chef de la délégation à titre civil. D’autres experts militaires seront-ils ajoutés à la délégation ? Il est vrai que la négociation est technique, mais elle sera éclipsée par le choix politique que l’Etat et le gouvernement prendront dans leur ensemble, et comme après la visite de Hochstein, des contacts internes auront lieu pour coordonner la position libanaise.