SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 2 December 2022, Friday |

La négociation avec le FMI est un « sceau » pour le passage du Liban aux fonds de financement internationaux

La visite de l’envoyé français, l’ambassadeur Pierre Duquesne, à Beyrouth la semaine prochaine, vise à faire le suivi de la discussion en cours entre les autorités libanaises et françaises sur les réformes que le Liban devrait entreprendre, selon des sources diplomatiques françaises. Et il examinera dans quelle mesure il existe une position libanaise unifiée et intégrée sur ce dossier.

L’attention interne et internationale surveille si le Liban réussira à négocier avec le Fonds monétaire international (FMI), ou si le mécanisme de formation du gouvernement et la politisation des dossiers auront un impact négatif qui conduira à des obstacles au sauvetage. Des sources diplomatiques éminentes ont déclaré à « Sawt Beirut International » que Duquesne est le fonctionnaire français le plus expérimenté dans les affaires libanaises et les détails libanais, non seulement dans la politique, mais aussi dans l’économie. Il connaît tous les projets et plans depuis la préparation de la Conférence « CEDRE » en 2018, jusqu’à aujourd’hui, y compris les besoins du Liban en électricité, l’organisme qui réglemente ce service, le « mauvais » plan bancaire qui a été mis en place, et les lois pour réformer tout cela.

Il y a plusieurs mois, Duquesne avait prévenu que le prix du dollar augmenterait si la campagne de réforme n’était pas lancée, et c’est ce qui s’est passé.

De plus, les sources confirment que Duquesne profitera de l’atmosphère politique étrangère qui a accompagné la formation du gouvernement, pour faire pression sur tout parti libanais afin qu’il n’entrave pas la voie des réformes. Il existe des théories des partis de contrôle au Liban sur les dangers de traiter avec le FMI. Mais avec les pressions américaines et françaises, il ne pourra pas s’opposer à cette tendance. Et il faut savoir que toutes les grandes organisations financières internationales sont très proches de Washington et sont affectées par sa position.

Et les sources révèlent qu’il y a des facteurs qui sont apparus liés à la performance du FMI dans le traitement des crises dans les pays qui ont besoin de son aide, d’autant plus que beaucoup d’entre eux ont considéré que son intervention n’était pas facile et douloureuse en raison des plans d’austérité qu’il demandait et qui se refléteraient dans la vie des gens. Et l’on peut dire qu’il n’y a pas d’échappatoire pour traiter avec le Fonds. D’ailleurs, le Fonds a pu, dans la période récente, améliorer ses performances, après s’être rendu compte qu’il ne peut pas appliquer les plans théoriques à tous les pays de la même manière. Après l’expérience grecque, il a suivi le principe selon lequel ses plans doivent être adaptés aux conditions de chaque pays. Les Turcs ont eu une expérience douloureuse avec le fonds, et ils disent qu’ils devraient faire attention à ce que le Liban remplisse ses intérêts par rapport aux demandes du fonds. Et les Turcs se sont retirés des négociations avec le fonds et ont mis en œuvre leurs plans.

En outre, le FMI s’est rendu compte qu’il ne peut pas donner la même recette à tous les pays. Il y a des pays dont la situation s’améliore grâce à la prescription, et d’autres dont la situation ne s’améliore pas. Il est donc prévu que les recommandations du Fonds soient adaptées aux besoins et à la capacité de chaque pays, et cela sera appliqué avec le Liban. Ce nouveau facteur n’existait pas avec la crise grecque. Les sources confirment que malgré l’attention et l’intérêt de certains pays pour la situation libanaise, ils ont encore d’autres priorités. C’est ce que le gouvernement du Liban, et tous les gouvernements du Liban en général, doivent réaliser, car ils sont censés travailler pour le pays.

Maintenant, les négociations avec le FMI, si elles sont réussies, signifient que le Liban obtiendra le « sceau » de ce fonds, qui constituera un pont vers les grands fonds financiers internationaux, en particulier européens, y compris les fonds d’investissement, qui commenceront à fournir des prêts à long terme au Liban avec une valeur allant jusqu’à le nombre de milliards de dollars, qui est prévue à environ sept milliards.