SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 29 January 2023, Sunday |

La négociation sur la question nucléaire n’est plus une priorité américaine, alors quel est le sort du dossier libanais ?

Si les partis libanais continuent à lier leur sort et celui de leur pays au consensus américano-iranien sur le dossier de la présidence de la république, ils attendront sans doute longtemps, peut-être des années.

Des sources diplomatiques occidentales ont expliqué à « Sawt Beirut International » que les négociations entre l’administration américaine et l’Iran sur l’accord nucléaire sont au point mort, et qu’il n’y a aucune indication d’une reprise des négociations dans un proche avenir, pour deux raisons principales :

Premièrement : Cette négociation ne fait plus partie des priorités des Etats-Unis actuellement. L’administration se concentre actuellement sur le dossier ukrainien et le dossier énergétique, en attendant le début de l’activité du nouveau Congrès suite aux élections de mi-mandat qui ont eu lieu. Et son lancement ne se fera pas avant la mi-janvier prochain. Et maintenant, l’administration n’est pas « pressée » de mettre en œuvre l’accord.

Deuxièmement : les Américains prendront leur temps pour travailler à la renégociation avec l’Iran, en tenant compte de ce qui se passe sur le terrain en Iran et de la mesure dans laquelle les protestations populaires atteindront les objectifs sur lesquels elles étaient fondées. Il y a un suivi de la part de l’administration américaine concernant les protestations en cours et la question de savoir si elles entreront ou non dans la catégorie des objectifs américains à l’avenir. À l’heure actuelle, il semble à l’administration que les élections de mi-mandat ont des répercussions moins mauvaises qu’elle croyait sur la politique du président Joe Biden. C’est ce qui soulage le président et lui permet de mener à bien sa politique, mais sous une pression moindre du Congrès.

Une grande question se pose parmi les sources, Washington veut-il vraiment que les manifestations atteignent leur but le plus vite possible, ou veut-il un « statico » interne iranien pour un certain temps. Les sources excluent que le sort de la révolution syrienne s’applique à la révolution iranienne, car la nature du régime iranien diffère de celle du régime syrien, de même que les facteurs politiques et sectaires, et la structure politique et démocratique diffèrent entre les sociétés syrienne et iranienne. En Syrie, une minorité règne sur une majorité, et en Iran, le peuple se révolte contre le régime des mollahs, qui n’exprime pas les souhaits du peuple en colère, mais le peuple et les mollahs sont chiites. Ainsi, le sort des deux révolutions n’est pas forcément similaire, et la position internationale sur leur sort n’est pas forcément similaire non plus.

Dans ces conditions, le sort des dossiers de la région reste en suspens, à moins qu’une avancée saoudo-iranienne se produise, qui traduirait des compréhensions et des croisements d’intérêts. La question est liée à l’ampleur de la faiblesse qui sera perpétuée par les Iraniens en raison des pressions qu’ils subissent chez eux, car leur situation n’est pas facile. La question est de savoir comment cela va se refléter sur les dossiers de la région, est-ce par l’extrémisme ou par l’acceptation de règlements ?

    la source :
  • Sawt Beirut International