SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 6 October 2022, Thursday |

La sécurité de Dahiyeh Jnoubieh et la chemise sale

En février 1984, suite à la chute de ce qu’on appelait « Beyrouth-Ouest », suite au « Soulèvement du 6 février » aux mains du mouvement Amal après avoir « neutralisé » la sixième brigade de l’armée libanaise, déployée dans cette zone.

Les problèmes se sont intensifiés entre les parties, et certaines d’entre elles ont pris un caractère armé, ce qui a poussé le chef du mouvement Amal, Nabih Berri, à faire appel à l’armée et aux forces de sécurité pour prendre en charge la sécurité à « l’Ouest », car il ne veut pas « porter la chemise sale de la sécurité », comme il l’a dit.

Aujourd’hui, 38 ans après cet incident, c’est comme si l’histoire se répétait, non pas à « Beyrouth Ouest », mais dans Dahiyeh Jnoubieh.

« Le Hezbollah ne veut pas porter la chemise sale de la sécurité dans Dahiyeh Jnoubieh », a-t-il publié une déclaration conjointe avec le mouvement Amal, dans laquelle il a appelé l’armée libanaise à prendre en charge la sécurité de Dahiyeh.

Que signifie cette métamorphose?

Premièrement, cela signifie que le Hezbollah a lamentablement échoué à contrôler la sécurité de Dahiyeh.

Deuxièmement, cela signifie que s’il essaie d’imposer la sécurité par la force, il se heurtera aux clans qui font partie de son outil militaire humain, alors va-t-il se frapper lui-même?

Troisièmement, cela signifie que le Hezbollah a présenté un schéma raté dans la gestion des zones qu’il contrôle, malgré toutes les tentatives de « propagande » de blanchir sa page en distribuant de l’essence et du diesel iraniens, et malgré le « bon prêt » qui tente d’étendre sa place.

Son incapacité à établir la sécurité dans Dahiyeh soulève des questions sur son imposition de la sécurité dans d’autres zones qu’il contrôle, en particulier la région de Baalbek-Hermel, où les gangs de voleurs de voitures et la production de Captagon sont actifs.

Le développement des gangs de voleurs, de la production de Captagon et des opérations de contrebande a fait de la banlieue sud un « milieu incubateur » de toutes les pratiques prohibées. Hezbollah? Enlèvera-t-il la « chemise de sécurité sale » après avoir été incapable de la « nettoyer »?

Pour que les forces de sécurité légitimes réussissent dans leur tâche, il ne suffit pas d’arrêter les « jeunes » des « éléments » des gangs de voleurs et de la production de Captagon, il faut arrêter les « kabba », c’est-à-dire leurs opérateurs, alors le Hezbollah va-t-il lever le voile sur ceux-ci? Ou le recours aux forces de sécurité légitimes n’est-il qu’une tentative de blanchir la page avant les élections législatives?

    la source :
  • Sawt Beirut International