SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Le Hezbollah considère les candidats de l’opposition comme des « outils pour les ambassades »

Le Hezbollah frappe à nouveau, et cette fois-ci dans le cadre des élections législatives, par l’intimidation, et selon les mots de Cheikh Nabil Qaouk, membre du Conseil central du Hezbollah.

Le cheikh Qaouk a déclaré : « Notre bataille électorale se fait avec les ambassades des pays étrangers, pas avec les outils. »

En effet, le cheikh Qaouk va considérer que les listes électorales, contre les listes communes du Hezbollah et d’Amal, sont des « listes d’ambassades » et comportent des « outils », et cette description permet au Hezbollah de supprimer ces listes et les noms qui y figurent, considérant que toute personne affiliée aux ambassades est un traître ou un agent.

Mais ce qui est dangereux dans les propos de Qaouk, c’est qu’il met l’épée de veto suspendue au-dessus de la tête des candidats de l’opposition, en particulier les chiites parmi eux, et cela rappelle le terme « les chiites des ambassades » que le Hezbollah utilisait directement ou par l’intermédiaire de ses médias, et cela ne se limitait pas seulement aux candidats, mais incluait aussi les journalistes et les militants, et Lukman Salim était l’un de ceux décrits comme des « chiites des ambassades. »

De plus, il existe une machine politico-médiatique avec le Hezbollah dont la mission est d’intimider les candidats adverses, pour libèrer l’arène électorale pour les deux partis du Hezbollah et d’Amal. Cette réalité réduit fortement les effets des élections législatives avant même qu’elles n’aient lieu, et le chef du bloc Loyauté pour la Résistance a annoncé il y a quelque temps : « Celui qui veut nous gouverner demain avec une majorité théorique, il doit se rendre compte que la majorité qui gouvernait avant ne pouvait pas gouverner. »

Entre les propos du député Muhammad Raed et ceux du Cheikh Nabil Qaouk, que reste-t-il des élections ? Pour le représentant Raed, la majorité ne gouverne pas, et pour le Cheikh Nabil Qaouk, l’opposition est un outil pour les ambassades.
Alors que reste-t-il de la démocratie ?