SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 24 September 2021, Friday |

Le Liban d’une « affaire différée » à « une affaire oubliée »

Dans le monde, en particulier chez les pays actifs , il y a des priorités, des petits ou des secondaires États sur la carte du globe réussissent à s’imposer sur la table des pays dirigeants, ou les grandes puissances ont intérêt à mettre des États petits ou secondaires sur leur table, et dans les deux cas,ses petits États vont avoir une importance.

Le Liban, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, a été placé sur la table des pays dirigeants et le Haut Comité tripartite arabe dirigé par l’Arabie saoudite, ce qui a conduit à la convocation de l’« Accord de Taëf», qui a mis fin à la guerre au Liban, et a rédigé un accord qui s’est transformé en constitution, et a alloué trois milliards de dollars au Liban pour sa reconstruction.

À cette époque, la question libanaise était au cœur des intérêts des pays arabes, et les pays influents de l’Occident n’étaient pas loin de cet intérêt, en particulier les États-Unis d’Amérique, la France et le Vatican.

Le général Michel Aoun, chef du gouvernement militaire, a rejeté l’accord de Taëf et de sa mise en œuvre, retardant le début de cette demande d’une année entière, d’octobre 1989 à octobre 1990. Au cours de cette année de retard, l’intérêt pour la question libanaise a relativement diminué, et on a accordé une attention particulière au Golfe, en particulier à l’Iraq et au Koweït,alorsque le Liban a perdus en raison de ce déclin, une occasion en or d’accélérer la stabilisation de la stabilité et d’obtenir l’aide qui lui est allouée, car l’attention a commencé à se déplacer ailleurs.

Le Liban est revenu une question importante pour les pays occidentaux, avec le début de la guerre syrienne en mars 2011, en raison de l’afflux de Syriens déplacés, et de l’attention internationale portée à ses personnes déplacées, non pas à cause de leur amour ou des Libanais, mais de peur que le Liban ne soit une plate-forme pour que ses personnes déplacées s’installent dans les pays européens, l’Occident s’est occupé d’eux en termes de camps , de médecins ,d’éducation de leurs enfants.

Les autorités libanaises ont été« réduit au silence » par l’aide donnée aux Syriens déplacés.

La diplomatie libanaise ne savait pas comment l’exode syrien vers le Liban s’est transformé en un dossier placé sur la table des dirigeants, et en a fait un dossier au-delà d’un simple « papier » à travers lequel une certaine assistance est donnée, pourquoi cette diplomatie a-t-elle exhorté les pays de l’Occident à le protéger d’être une sphère d’influence iranienne et à l’entrer dans le jeu des haches, mais comment cette diplomatie peut-elle réussir à le faire si elle est sous le contrôle du Hezbollah ?

Avec cette politique, la question libanaise est une fois de plus revenue à une question différée, ayant donné la priorité à la résolution de la situation syrienne instable il y a plus de 10 ans, et il n’y a aucun signe de fin de cette guerre bientôt.

L’explosion du port le 4 août 2020 a ému le monde, la question libanaise est revenue dans le cercle de l’attention, le président Emmanuel Macron s’est rendu deux fois au Liban, a tenu plus d’une conférence à Paris pour discuter des moyens de fournir une assistance au Liban, mais, comme à chaque fois, les plaisanteries libanaises ont fait déclinerde l’attention internationale: la France s’est retirée, c’était une indication du recul d’autres personnes intéressées et le Liban a perdu une nouvelle occasion d’attirer l’attention internationale.

À la lumière de ce déclin de l’intérêt pour le Liban, le retrait des États-Unis d’Afghanistan et le contrôle des talibans, ainsi que le déplacement massif de celui-ci, ont attiré l’attention du monde envers l’Afghanistan et a mis sur la marge toute autre question.

Ainsi, le Liban est revenu à nouveau une question oubliée, le monde s’intéresse à nouveau à la question émergente des Afghans déplacés, et les États actifs et influents ont commencé à parler de leur volonté d’accueillir et d’aider un certain nombre de personnes déplacées, ainsi que le monde regarde à nouveau, avec crainte, le retour de l’Afghanistan comme foyer de terrorisme pour les groupes extrémistes.

De la conférence de Taëf à nos jours, il y a plus de trente ans, lorsque la question libanaise progressait, les gens de l’exécutif ne savent pas comment transformer ces progrès en un élan pour investir dans l’attention internationale, au profit du Liban, mais ils ont continué à lutter, ce qui a conduit à la transformation de la question libanaise d’une question différée à une question oubliée.