SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 28 September 2021, Tuesday |

Le problème est-il constitutionnel?

Le Premier ministre désigné, dans son entretien avec « Al-Hadath », a déclaré: « Il y a ceux qui traitent dans le processus de formation du gouvernement, comme si nous étions à l’époque de la constitution pré-Taif, tandis que la constitution qui nous gouverne est la constitution de Taëf. » Et ce propos n’est pas un détail.

Cette phrase suffit à arrêter la formation, car elle accuse directement le président de la République d’une violation du Taïf pour revenir à la constitution pré-Taïf.

Que signifient les propos du président désigné?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de comparer l’article sur la formation du gouvernement dans la constitution pré-Taif, et le même article dans la constitution post-Taif.

Dans la constitution post-Taïf, l’article 64 dit: « Le chef du gouvernement exerce les pouvoirs suivants:

Il effectue consultations parlementaires pour former le gouvernement et signe avec le Président de la République le décret de sa formation. »

Le législateur a parlé d’ « exercement des pouvoirs », c’est-à-dire qu’un de ses pouvoirs est de former un gouvernement, mais la signature est partagée entre lui et le président de la République.

La constitution pré-Taïf donne une autorité absolue au Président de la République.Selon l’article 53: « Le Président de la République nomme les ministres et nomme d’entre eux un président. »

Le président désigné voulait-il dire que le président Aoun veut « nommer les ministres »? Si cela est vrai, que fait le président désigné dans ce cas? Et quel est son rôle?

Cette question est presque en train de se transformer en dilemme: est-ce un lapsus du président désigné?Ou avait-il l’intention d’envoyer un message à « ceux impliqués dans la formation » qu’il n’accepterait pas la formation d’un gouvernement selon la constitution pré-Taif?

Le problème est-il vraiment constitutionnel?

Ce n’est pas un secret pour personne que le président Aoun ne veut pas de Taif et le rejette, et il ne l’a jamais accepté et qu’il attend chaque occasion pour le changer.En outre, les « jugements » que lui a présentés son conseiller juridique, l’ancien ministre de la Justice Salim Jreissati, visent tous à interpréter les articles d’une manière appropriée à la situation qui existait avant la constitution de Taëf. Et le conseiller Jreissati, est est l’un des plus éminents « fournisseurs de services » de « jugements » et explications constitutionnelle et juridique.La plupart de l’équipe du 8 mars le consulte à cet égard.

Si le problème est constitutionnel, oublions la formations et le chef du gouvernement intérimaire « restera heureux dans le palais du gouvernement » jusqu’à ce que des considérations autres que constitutionnelles soient avancées.Le drame, c’est qu’il n’y a plus aucune considération qui aide à atténuer l’intransigeance des concernées dans la formation du gouvernement.

Le président de la République n’a-t-il pas été cité comme disant qu’il n’avait plus rien à perdre? Peut-être n’a-t-il pas remarqué que la grande perte est supportée par le peuple, pas par les dirigeants!