SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2021, Sunday |

Le renforcement du rôle américain en échange du déclin de la coordination franco-iranienne

Les caractéristiques de la politique américaine à l’égard du Liban ont commencé à se déployer et à se préciser à travers deux questions, selon ce que les milieux diplomatiques occidentaux ont déclaré à « Sawt Beirut International » :

Le premier est l’impression faite par la visite de la sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques Victoria Nuland, sur les responsables libanais et ses implications. Elle a été décisive dans la mesure où son administration ne permettrait pas que d’autres rôles au Liban que le rôle américain soient essentiels au regard de ce que les autorités libanaises sont censées adopter. Par conséquent, les pourparlers de Nuland à Beyrouth ont mis fin à ce que l’on appelle les efforts franco-iraniens, qui ont commencé avant la formation du gouvernement actuel et se sont poursuivis même après sa formation. Cela s’est manifesté dans sa position sur le Hezbollah. Elle n’a rien spécifié concernant sa présence au sein du gouvernement, mais elle a envoyé des messages lors des réunions indiquant que le dernier mot appartient aux Américains, et qu’il a compris que sa position mettrait fin à la croissance de cette coordination. Nuland a également envoyé des messages clairs concernant ce qui est autorisé aux Etats-Unis, à savoir que le Liban bénéficie du gaz égyptien et de l’électricité jordanienne, et rien d’autre. En ce sens que ce qui a été dit sur les usines iraniennes lui a semblé être de la fiction. Alors que le plan américain d’aide au Liban sera le plus efficace, puisque l’énergie sera disponible en moins de trois mois.

La seconde : la présence d’envoyés américains de haut niveau au Liban. Ainsi, la visite de Nuland s’accompagnera de celle du conseiller du ministre des Affaires étrangères pour les affaires énergétiques, Amos Hochstein, qui arrivera à Beyrouth demain, mardi, et tiendra des réunions approfondies mercredi. Cela signifie, dans le dictionnaire diplomatique, un retour des Américains à l’intérêt pour le dossier libanais et l’interdiction pour toute partie de faire la course avec Washington à ce sujet. La mission de Hochstein est d’explorer la réalité de la position libanaise sur la renégociation avec Israël pour délimiter les frontières maritimes.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Hochstein est très proche du président Joe Biden, et qu’il est l’un des décideurs les plus en vue à Washington, et pas seulement responsable de dossiers spécifiques. Par ailleurs, Nuland est connue pour sa politique dure.

La France surveille, selon les sources, le retour en force des Américains à s’intéresser à la situation libanaise. Elle est bien consciente qu’elle est confrontée à des revers politiques au Liban après que le Hezbollah, avec lequel elle se réunit en consultation, a mis en équation le juge Bitar ou la paix civile. C’est lui qui était proche de lui et de l’Iran pour créer une dynamique capable de répondre aux revendications du gouvernement. Il y a maintenant de sérieuses craintes françaises et internationales de compromettre l’enquête ou un règlement qui conduirait à une modification de son cours. La France n’est pas en mesure à ce moment-là d’ouvrir la porte du Golfe au Liban. Les événements de jeudi dernier sont venus pousser dans le sens des efforts de Washington pour renforcer davantage sa position au Liban. De plus, Paris n’a pas encore l’assurance définitive que tout le monde au Liban suivra la voie des réformes. Le FMI attendait une action immédiate du gouvernement à cet égard. La France souhaite voir la mise en œuvre des réformes dans les dossiers de l’électricité et du plan de résilience sociale avant les élections.

Mais aujourd’hui, l’attention est tournée vers la réunion à Bruxelles des ministres européens des affaires étrangères, et la question de savoir s’ils adopteront une position dure à l’égard du gouvernement et des efforts de sauvetage.