SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 6 October 2022, Thursday |

Les décrets de naturalisation sont marqués par des courtages et des transactions

À l’approche de la fin du mandat du président Michel Aoun, les scandales de corruption et de courtage se succèdent, et les derniers chapitres sont le rapport publié la semaine dernière par le journal français « Libération », qui fait la lumière sur la corruption des dirigeants au Liban, coïncidant avec le deuxième anniversaire de l’explosion dans le port de Beyrouth. Des fonctionnaires libanais ont signé un décret de naturalisation pour 4 000 personnes en échange de sommes allant de 50 000 à 100 000 euros pour chaque passeport, soit un pot-de-vin atteignant 400 millions d’euros.

Cependant, malgré le démenti des départements des présidences de la République et du gouvernement et du ministère de l’Intérieur de cette nouvelle, qualifiée de  » fausse et fabriquée « , les informations confirment ce qui était indiqué dans le rapport, notamment que le président Aoun a commencé son mandat en signant le décret de naturalisation n°. 2942 le 11 mai 2018, en coordination avec l’ancien Premier ministre Saad Hariri et le ministre de l’Intérieur en cette période Nouhad Al-Machnouk, sachant qu’il a été contesté par certains députés, mais en raison de la réticence du ministère de l’Intérieur à donner les papiers et documents requis et les données dont il dispose au Conseil consultatif de l’État, une décision n’a pas été prise jusqu’à aujourd’hui.

Des sources politiques au fait du dossier de naturalisation ont révélé par le biais de « Sawt Beirut International » que le décret de 2018 a accordé la citoyenneté à 405 personnes de nationalités syrienne, palestinienne, jordanienne, irakienne et française, dont peu y avaient droit et dont le plus grand nombre l’a obtenue en échange d’importantes sommes d’argent.

Les sources ont considéré que l’histoire du Liban est pleine de décrets de naturalisation, car les présidents les émettent pendant leur mandat, plus précisément avant la fin de leur mandat, de sorte que la loi leur permet d’accorder la citoyenneté à ceux qui la méritent en signant un décret d’octroi de la citoyenneté en plus de la signature du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur par accord entre eux, mais les sources indiquent que souvent ce décret est signé selon des quotas entre les personnes concernées, d’autant plus que nous sommes malheureusement habitués à émettre des décrets de naturalisation suspects et des tractations financières et électorales, de sorte que la plupart des noms énumérés ne sont pas éligibles et la plupart d’entre eux sont des hommes d’affaires.

Ainsi, les bénéficiaires potentiels du décret en préparation sont des hommes d’affaires et financiers irakiens présents au Liban et des hommes d’affaires syriens résidant à l’étranger qui sont intéressés par l’obtention du passeport libanais, qui leur donne la liberté de mouvement à la lumière des sanctions internationales, en particulier les sanctions américaines qui affectent le régime syrien et ses proches, étant donné que la nationalité libanaise les libère dans le processus des transferts de fonds à l’étranger.

Des sources politiques soulignent que le ministre de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, qui a considéré qu’il n’est pas concerné par tout ce qui a été mentionné au sujet du décret, et que le ministère refuse de procéder à un tel projet, doit clarifier la vérité sur cette affaire et exposer la question, d’autant plus qu’elle est directement liée au Premier ministre Najib Mikati, qui est en conflit avec le courant patriotique libre et l’équipe du Président de la République.

Cependant, les sources considèrent que les intérêts communs entre Mikati et Aoun ne leur permettent pas d’ouvrir les dossiers des deux parties. Les sources ont conclu en demandant à Mikati de rejoindre un large front national pour affronter Bassil, Aoun et leurs pratiques de corruption, d’autant plus que la vision de la gouvernance n’a rien à voir avec la souffrance du peuple.

    la source :
  • Sawt Beirut International