SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 1 December 2022, Thursday |

Pas de consensus arabe pour le retour de la Syrie dans la Ligue arabe

La visite du président syrien Bashar al-Assad aux Émirats arabes unis, et sa rencontre avec le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, ont soulevé plusieurs points d’interrogation entre partisans et opposants à cette visite.

Un certain nombre de pays arabes n’ont pas été surpris par la décision des Émirats arabes unis, après des indications représentées par une série de contacts et de visites de responsables émiratis à Damas. Alors que d’autres pays n’ont pas vu cette étape comme une entrée pour repositionner la Syrie dans le giron arabe, elle est porteuse d’importants messages régionaux et internationaux.

Cependant, une référence diplomatique au sein de la Ligue arabe a confirmé au site « Sawt Beirut International » que cette visite constitue en soi un événement arabe et international.

Elle coïncide avec plusieurs facteurs, notamment: le rejet par les EAU d’une demande américaine d’augmentation de la production pétrolière, le rapprochement russo-émirati, qui s’est manifesté par l’abstention des EAU à deux reprises pour une résolution internationale de l’ONU au Conseil de sécurité, en plus de la visite par des responsables émiratis à Moscou il y a quelque temps, et à Damas en novembre dernier…

Les observateurs des répercussions de la première visite du président syrien en 11 ans depuis le début de la guerre en Syrie, considèrent qu’il y a des pays arabes comme l’Algérie, l’Irak, le Liban et d’autres qui tentent de mener des contacts diplomatiques et des consultations parallèles avec le régime Syrien. Avec la présence de présages de transformations possibles au Moyen-Orient, dans le but de trouver une issue honorable pour remettre la Syrie dans l’étreinte arabe.

De même, les indices d’un rapprochement entre Assad et les pays arabes se sont multipliés l’année dernière, et cela est apparu lors d’un appel téléphonique avec le roi Abdallah de Jordanie, également allié des États-Unis.

Cependant, cette question semble se heurter à des obstacles, des écueils et des alliances que les pays arabes ne peuvent surmonter ou ignorer, du moins pour le moment.
Les observateurs estiment que les pays arabes tentent, à travers leurs contacts, de prendre largement en compte les considérations politiques et économiques, notamment comment affronter l’influence iranienne et turque.

Dans ce contexte, un diplomate arabe chevronné, qui a requis l’anonymat, a déclaré à notre site Web:« Le retour de la Syrie à son siège officiel dans la Ligue arabe est actuellement peu probable en raison de son lien avec des facteurs régionaux et internationaux, sachant qu’il y a plusieurs tentatives de les pays arabes à réformer leurs relations avec la Syrie ».

De plus, la Syrie doit avoir un consensus arabe, et j’insiste sur le mot unanimité, et cette question n’est pas disponible actuellement. De même, si l’un des pays arabes propose au Conseil de la Ligue un projet de résolution en dehors de l’ordre du jour lié au retour de la Syrie dans la Ligue, et qu’en votant, l’un des pays s’oppose à la résolution, alors le projet de résolution de retour tombera inévitablement.

Et la référence ci-dessus ajoute:« Les EAU veulent depuis un certain temps établir les meilleures relations avec les pays arabes, et ce qui s’est passé ne dépasse pas le cadre du dynamisme émirati.

Il ne faut pas dire que c’est une dynamique arabe, vers la Syrie. Cette visite a soulevé plusieurs questions sur l’étendue de la coordination des EAU avec les États du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite ».

Selon les observateurs, il a été constaté que tant qu’aucune déclaration d’objection ou de désapprobation de cette visite n’a été émise, cela indique que les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, sont clairement conscients de ce qui s’est passé.