SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 30 September 2022, Friday |

Pourquoi Bassil n’a-t-il pas osé dire « la guerre de libération contre la Syrie » ?

Alors que le chef du Courant patriotique libre, le représentant Gebran Bassil, prononçait un « discours de candidatures » pour les élections législatives, une caméra de télévision a filmé l’un des candidats en train de jouer sur son téléphone portable.

Le fait que le député s’amuse sur son téléphone peut indiquer qu’il s’ennuie du discours ou qu’il y est indifférent, ou encore qu’il sait ce que son « patron » au sein du mouvement va dire ?

Mais ceux qui ont suivi le discours de Basile étaient intéressés à écouter ce qu’il allait annoncer. Ce qui a attiré leur attention, , c’est que Bassil a accordé une large place à la « guerre de libération » du 14 mars 1989, mais il n’a pas dit contre qui était cette guerre ! Il a dit : « La bataille pour la libération de la souveraineté », sachant que son oncle, le chef du gouvernement militaire de l’époque, a tenu une conférence de presse, dans laquelle il a commencé par dire : « Aujourd’hui, je déclare une guerre de libération contre la Syrie. »

Pourquoi Bassil n’a-t-il pas énoncé le mot Syrie ? Pourquoi a-t-il changé le titre de la guerre et l’a-t-il appelée « Libération de la souveraineté » ? Qui lui a conseillé de supprimer le nom de la Syrie ? Est-il le coordinateur des communications entre le président Aoun et la Syrie, qui est l’un des candidats aux élections ? Est-ce les considérations de l’ « élection présidentielle » qui ont poussé Bassil à ne pas fâcher la Syrie ? Quelles que soient les raisons, cette suppression n’efface pas le fait que ce qui s’est passé était une déclaration de guerre contre la Syrie et non une « guerre de souveraineté ».

Peut-être Bassil n’a-t-il pas mentionné la Syrie, car le général Aoun a subi dans cette guerre une défaite majeure. La guerre qui a commencé dans le but d’expulser la Syrie du Liban s’est terminée cinq mois après son déclenchement par un cessez-le-feu après la quasi chute de Souk al-Gharb, et avec sa chute la route vers le palais de Baabda a été ouverte.

Le représentant Gebran Bassil a ignoré tous ces faits pour faire plaisir aux Syriens, mais ignorer les faits ne signifie pas pouvoir les effacer.

En effet, la guerre de libération lancée par le général Michel Aoun a provoqué la destruction de ce qu’on appelait les « régions orientales », sans que l’armée syrienne ne recule de ses positions et de ses zones de rassemblement.

La véritable guerre de libération contre l’armée syrienne a été accomplie, historiquement, par le sang du Premier ministre martyr Rafik Hariri. Deux mois et dix jours après son assassinat, la Syrie a été contrainte de se retirer du Liban, non pas jusqu’à la ligne de la Bekaa, comme le prévoyaient les accords de Taëf, mais de tout le Liban.

Voilà la véritable guerre de libération. Quant à ce qui s’est passé le 14 mars 1989, ce n’est qu’une guerre improvisée sans résultat calculé, la raison étant que le défunt président Hafez al-Assad a refusé que Aoun soit élu président de la République.

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  • Sawt Beirut International