SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Pourquoi le système en place a-t-il peur des électeurs expatriés ?

Le Ministère des Affaires Etrangères et des Emigrants a formé un comité spécial chargé d’organiser les élections législatives pour les expatriés libanais qui auront lieu au printemps prochain, ainsi que la plateforme électronique qui sera mise en place pour leur inscription, en plus de la définition des bureaux de vote en coordination avec les Ministères des Affaires Etrangères et de l’Intérieur et les missions diplomatiques à l’étranger.

Le délai d’inscription des expatriés dans les ambassades et consulats pour voter se termine le 20 novembre prochain. La véritable bataille du pouvoir repose sur la loi dans laquelle l’élection aura lieu, qu’il s’agisse de la loi de 2017, c’est-à-dire le choix des expatriés pour six nouveaux sièges, ou de la loi de 2008, c’est-à-dire la sélection de 128 députés, qui leur a été appliquée en 2018. Il y a une crainte que le fait de procéder à tout amendement puisse ouvrir la porte devant d’autres modifications n’ont pas été prises en compte.

Il n’y a aucun doute que l’autorité craint les choix des expatriés, et elle est bien consciente qu’ils sont plus libres que l’électeur au pays pour exprimer leurs choix, alors que ce à quoi la réalité libanaise est parvenue devrait être une incitation majeure pour la liberté des résidents d’élire et de délivrer ceux qui sont dignes de la gouvernance et de la responsabilité.

Certains partis du système en place tentent de créer des obstacles à la participation des expatriés libanais aux élections, et ces partis craignent que ces votes fassent une différence fondamentale dans les résultats dans l’intérêt de l’établissement d’un véritable État et de l’extension de son autorité sur ses terres, et du rejet de la corruption.

Et ces partis veulent annuler la voix des expatriés, ce qui bénéficiera inévitablement aux forces du changement, et ceci est attendu parce que les expatriés, qu’ils soient anciens ou récents, n’ont pas oublié leur patrie lorsqu’ils ont émigré, mais ils ressentent toujours de la peine et de la déception à propos de la performance des fonctionnaires au Liban, qui n’ont laissé aucune opportunité, mais ils ont travaillé pour ruiner et détruire le pays, jusqu’à ce qu’ils aient amené la situation à l’enfer actuel.

De plus, Les dirigeants en dehors du Liban craignent d’entraver les élections des expatriés, considérant qu’il y a ceux qui cherchent à suspendre le texte relatif à l’attribution de six sièges parlementaires aux expatriés et à ne pas permettre que le vote se déroule selon la méthode précédente, c’est-à-dire selon les lieux d’enregistrement de chaque citoyen expatrié au Liban. La raison de cette interdiction est que la voix de l’expatrié ne sera pas dans l’intérêt des personnes au pouvoir, car il aspire à s’exprimer et compte sur les élections pour réaliser son rêve du Liban.

De même, ils s’attendent à ce que l’autorité invente les raisons qui empêchent l’élection des expatriés d’avoir lieu, notamment celles liées aux circonstances difficiles, au temps et à la situation financière de la trésorerie de l’État. Cependant, ces arguments restent peu convaincants, d’autant plus que la communauté internationale, avec tous ses piliers, a offert au Liban une contribution financière directe et complète pour organiser les élections parlementaires à temps si l’État se trouve dans l’incapacité de le faire. La communauté internationale a également proposé de procéder à une surveillance internationale des élections, selon des sources diplomatiques, et fait pression pour qu’elle ait lieu, car elle considère que l’absence de cette surveillance aura des conséquences, dont la moindre est l’imposition de sanctions à ceux qui font obstacle au transfert du pouvoir conformément au processus démocratique.