SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

Riyad ne considère pas le Liban comme une carte de pression dans les négociations

La France a entamé des contacts intensifs avec le Royaume d’Arabie saoudite, ouvrant la voie à une « feuille de route » pour résoudre la situation entre le Liban et les Etats du Golfe, selon des sources diplomatiques françaises, sur la base de la demande du Premier ministre Najib Mikati pour une médiation française. Les milieux diplomatiques se sont arrêtés à ce que le duo chiite parle au sujet de la position du Royaume et des pays du Golfe sur le Liban. Selon les milieux politiques, le duo chiite pensent que le Royaume vise à utiliser cette position comme une carte de pression dans la négociation entre ces parties et l’Iran. Mais, les sources refusent de lier les deux questions, car, premièrement, cette négociation, selon le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal bin Farhan, était bonne, mais elle n’a pas enregistré de progrès.

Deuxièmement, en négociant avec l’Iran, Riyad considère que le Liban ne le concerne pas. Le Liban a jusqu’à présent été considéré comme une carte dans la main de Téhéran, et le Riyad n’affaiblira pas sa position en incluant son dossier à la table des négociations avec Téhéran. Par conséquent, la discussion avec l’Iran porte sur la manière d’assurer la sécurité dans la région du Golfe, à commencer par la situation au Yémen. Et si celle-ci est assurée, les pays du Golfe n’auront aucune objection aux négociations que les États-Unis mènent avec l’Iran. La situation du Yémen par rapport au pays du Golfe est similaire à celle du Liban, où il existe des forces armées qui font concurrence à l’État et à ses forces légitimes.

En conséquence, les sources confirment que les pays du Golfe cherchent dans les négociations à mettre de côté les cartes perdantes au motif que le Liban est « tombé militairement », et à se concentrer sur les éléments du pouvoir et à y adhérer. Ainsi, la situation du Yémen et de l’Irak en termes de négociabilité est plus facile que le dossier libanais, qui est au centre des pressions du pays du Golfe pour qu’il corrige sa trajectoire et rétablisse sa souveraineté à travers les positions que doivent prendre ses responsables.

Le Royaume est bien conscient que le Liban fondamentalement pas aidé lui-même, comme une grande partie de ce qu’il est maintenant, est causé par des erreurs stratégiques depuis 2005, les gouvernements de coalition et les compromis sur les présidents de la république.

De plus, les sources ont expliqué que, contrairement à la position saoudienne, c’est l’Iran qui utilise le Liban comme une carte de pression dans les négociations avec les Américains dans le cadre de son objectif de construire une influence économique et militaire au Moyen-Orient contre Washington, en particulier au Liban et dans les pays où il jouit d’une grande influence. C’est l’Iran qui tente d’imposer ses conditions à la table des négociations de Vienne en faisant pression sur le Liban sur les plans politique, sécuritaire et économique. Dans le domaine politique, l’Iran s’oppose à l’entente arabo-internationale selon laquelle il n’est plus acceptable d’avoir une milice armée qui égale l’État par sa présence et son autorité et le dépasse dans les décisions fatidiques à l’intérieur du pays, selon les sources, avec les menaces qui en découlent de descendre dans la rue.

Sur le plan économique, les responsables libanais, ainsi que les principaux pays intéressés par la question libanaise, sont parfaitement conscients que l’Iran ne peut pas se substituer aux pays du Golfe ni les pays européens et les États-Unis pour soutenir le Liban. Ils considèrent que l’Iran, compte tenu de ses conditions économiques et de ses sanctions, n’est pas en mesure de fournir un soutien économique et de vie au peuple iranien, alors comment pourrait-il aider le peuple libanais en lui fournissant du carburant et de l’électricité.

Les sources disent que si le Liban ne prend pas la décision appropriée pour trouver une solution avec les pays du Golfe, une tension plus large des pays du Golfe sera prise, et cela peut se refléter sur le sort du gouvernement, le sort des élections parlementaires et le sort du pays dans son ensemble.