SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 6 December 2021, Monday |

Tension entre les deux administrations Biden et Netanyahu, l’explosion va-t-elle s’accélérer ?

Est-il vrai que des politiciens israéliens appartenant à huit partis de droite, de gauche et du centre sont sur le point de former une coalition gouvernementale qui mettra fin à 12 années continues de règne du Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Netanyahu et son parti Likoud (depuis 2009), une coalition dont aucun parti n’a pu bénéficier en Israël depuis longtemps. Malgré le passage de quatre élections en un peu plus de deux ans (depuis avril 2019) en raison de l’incapacité des gouvernements à obtenir la confiance de la Knesset (61 voix sur 120 est le nombre total de sièges à la Knesset), à l’approche de l’expiration des quatre semaines (après-demain, mercredi) pour assigner le président israélien Reuven Rivlin, l’ancien présentateur de télévision et le chef du parti « Il y a un avenir », Yair Lebed, pour former un gouvernement ?

Avec la formation de ce qui se passe en Israël, en raison de la détérioration de ses relations sous le règne de Netanyahou avec la nouvelle administration démocratique aux États-Unis en raison des négociations en cours sur le dossier nucléaire iranien à Genève, et de parler de l’optimisme que le quorum de la formation peut être garanti par les voix des partis du camp anti-Netanyahou oscillant entre la droite et l’extrême droite, le centre et la gauche, qui sont « Bleu et Blanc » (dirigé par le ministre de la Défense Benny Gantz, centre, 8 sièges), « Labor » (Merav Michaeli, gauche, 7 sièges) et « Israël notre maison » (Avigdor Lieberman, extrême droite, 7 sièges) et « Nouvel espoir » ( Gideon Saar, droite, 6 sièges) et la « Liste commune » arabe (Ayman Odeh, 6 sièges), qui s’oppose historiquement au Likoud, et « Meretz » (Nitzan Horovitch, extrême gauche, 6 sièges), en plus des deux partis de Lebed (17 sièges, Centre) et de « Droite » (7 sièges, une droite dure, une scission du Likoud) après que son président Naftali Bennett ait accepté la proposition de Lebed de former un gouvernement dont la présidence serait tournante, commençant avec lui jusqu’en septembre 2023, puis dévolue à Lebed jusqu’en novembre 2025 ? Cet optimisme est-il de mise ? En effet, avec la divergence idéologique entre les composantes de la coalition gouvernementale à mettre en place au point de se contredire sur des questions cruciales comme la paix, les colonies, la capitale, les frontières, les armes palestiniennes… et autres ? Le duo « Lebed-Bennett » pourra-t-il faire en sorte que tous les chefs des partis de la coalition se tiennent à ses côtés, ou bien ses composantes de droite risquent-elles de se diviser et de rejoindre leur « milieu naturel » en réponse à un appel à la formation d’un gouvernement de droite pure lancé par Netanyahou alors qu’il est conscient de la gravité de ce qui se passe dont la présidence est partagée entre lui et Sa’ar (dissident) du Likoud et Bennett ?

Et Netanyahou, après avoir senti ses derniers jours dans le fauteuil de Premier ministre, a lancé une violente attaque contre les consultations en cours et contre son ancien allié Naftali Bennett, déclarant que la formation de ce qu’il a appelé un « gouvernement de gauche » représentait un grand danger pour l’avenir d’Israël, accusant la « droite » de pratiquer la désinformation et d’essayer de provoquer une division politique, et poursuivant : « Ne permettez pas cela, car c’est un grand danger pour la dissuasion israélienne ». Et Netanyahou a poursuivi, sentant l’odeur de la capitale américaine dans les scènes de ce qui se passe, son attaque contre cette dernière, qu’il a commencée le 25 mai avec la nomination de David Barnaya comme nouveau chef du Mossad et sa recommandation d’une « première mission » pour son appareil, qui est de « prendre des décisions courageuses et indépendantes pour s’assurer que les mollahs ne mettent pas fin à l’existence du peuple juif. En possédant des armes nucléaires … qu’un accord soit conclu [à Genève] ou non … et en détruisant les machines de destruction qui appartiennent aux ennemis d’Israël,  » en les mettant cette fois dans le même panier que les ennemis d’Israël, a-t-il dit :  » Pensez à ce qui va se passer à Gaza, en Iran et à Washington. L’accord nucléaire, vont-ils combattre le Hamas ? Ils ne le feront pas. Défendront-ils nos soldats au tribunal de La Haye ? Ils ne le feront pas non plus. Ils refusent le service militaire, qui va protéger les colonies ? « Bien que Netanyahou ait déclaré dans ce discours que s’appuyer sur le système de rotation pour former des gouvernements est malsain, il y a eu recours le lendemain, en forçant les choses, en appelant Sa’ar et Bennett à « venir maintenant et immédiatement » pour le rencontrer et le rejoindre. à un gouvernement de rotation tripartite, ajoutant : « Nous sommes à un moment critique pour la sécurité, l’image et l’avenir de l’État d’Israël. »

Dans le cas où les mouvements de Netanyahu n’ont pas aidé à saboter les efforts en cours pour former un gouvernement, surtout avec Lebed exprimant – lors de sa réponse aux mots de Netanyahu lors d’une réunion du bloc de son parti – de son optimisme pour le succès « dans les jours à venir, » et disant que « il ya encore beaucoup de difficultés, Nous établirons un gouvernement unifié de la droite, du centre et de la gauche, un gouvernement d’unité pour tous les citoyens d’Israël », notant que « le discours de Netanyahu est dangereux et irresponsable et a franchi toutes les frontières, et pour cela nous avons besoin d’un gouvernement indivis et troublé. Sinon, il ne sera pas performant avec les Iraniens et avec l’économie. « Netanyahou utilisera-t-il des moyens non conventionnels, voire insensés, pour rester au pouvoir, tels que porter un coup majeur aux installations nucléaires de l’Iran (les réacteurs nucléaires de Bushehr et d’Arak et les installations d’enrichissement de Natanz et de Fordo) dans un triple but : imposer le maintien de son gouvernement en tant que gouvernement de guerre, saboter les efforts en cours pour l’écarter du pouvoir et saboter les négociations de Genève ?

Nous devons donc observer les développements des prochains jours, car ceux-ci sont porteurs d’événements graves.