SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 24 January 2022, Monday |

Bulletin d’informations de Sawt Beirut International-dimanche 2 janvier 2022

Dans le bulletin d’aujourd’hui :
– Bassil fait chanter le Hezbollah avec le protocole d’accord… Quelle sera la réponse ?
– Va-t-on vers une fermeture générale après l’accélération de la propagation de Corona ?
– Comment les Libanais partagent-ils la joie de Noël, indépendamment de leur religion et de leurs sectes ?

Gebran Bassil a été très bizarre lors de sa conférence de presse. Deux choses sont à l’origine de cette situation. La première est la transition rapide de Bassil entre le rôle de la victime et celui du héros. Tantôt il revendique la chasteté, la pureté et l’obtention de la libération, et à un autre moment il parle d’une attaque mondiale contre lui, d’un assassinat politique le visant, et d’une guerre menée contre lui lors des élections. Bassil doit décider : est-il une victime ou un héros ?

La deuxième chose bizarre est sa plainte pour toutes sortes d’obstruction : la suspension du Conseil des ministres, de la Chambre des représentants, du Conseil constitutionnel et du reste des institutions constitutionnelles et gouvernementales. Pense-t-il que nous avons oublié que c’est lui et son beau-père, le Président de la République, et leur allié, le Hezbollah, qui ont introduit la culture de l’obstruction dans la vie politique et dans le processus démocratique au Liban ? Sans l’obstruction pratiquée tout au long de l’ère de Michel Suleiman, Gibran Bassil serait-il devenu ministre dans tous les gouvernements successifs depuis 2008 jusqu’au début du soulèvement du 17 octobre ? S’il n’y avait pas eu les obstructions pratiquées à la fin du règne de Suleiman, Michel Aoun serait-il devenu président de la République ? Alors, il faut que Bassil arrête de pleurer et de se lamenter sur le système démocratique. Ce sont ses pratiques et celles de son courant qui ont amené le pays à ce qu’il a atteint.

Indépendamment du caractère bizarre des propos de Bassil, la conférence de presse d’aujourd’hui peut être considérée comme une proposition d’offre au Hezbollah. Bassil, en cette année parlementaire et présidentielle, veut faire chanter le Hezbollah, et il n’a pas d’autre moyen de chantage que le protocole d’accord. Il est prêt à le développer et à l’activer si le Hezbollah le privilégie par rapport à Nabih Berri, mais si le Hezbollah continue à privilégier Berri par rapport à Bassil, toutes les possibilités deviennent ouvertes. Que fera le Hezbollah dans ce cas ? Se soumet-il à le chantage de Bassil, de sorte que Basil devienne un héros, ou le laisse-t-il à son sort, pour qu’il devienne une victime ?