SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 26 September 2021, Sunday |

Bulletin d’informations de « Sawt Beirut International » du dimanche 22 août 2021

Dans le bulletin d’informations d’aujourd’hui :

– L’atmosphère au sein du gouvernement est nuageuse… Mikati se dirige-t-il vers la formation ou la récusation ?
– Les prix des carburants s’enflamment et les files d’attente d’humiliation demeurent… La subvention sera-t-elle définitivement levée en septembre ?
– Les médicaments iraniens précèdent le pétrole et envahissent les marchés libanais.

Le président désigné Najib Mikati est dans une course effrénée entre la formation et la récusation. Demain, la désignation de Mikati entame sa quatrième semaine, qui est la dernière, selon le délai que le président désigné s’est fixé. Il est remarquable que Mikati insiste encore pour que la semaine à venir soit décisive pour la formation du gouvernement, car il ne veut pas répéter l’expérience de Saad Hariri, c’est-à-dire gaspiller neuf mois de la vie du pays pour rien. C’est dans le délai imparti. Quant au contenu, il ne semble pas que Mikati ait réussi, du moins jusqu’à présent, à faire bouger Michel Aoun et le Courant patriotique libre de sa demande de base : Obtenir le tiers garant (le tiers de blocage) dans tout gouvernement formé. D’où le secret de la froideur qui a contrôlé les communications de Mikati dans la dernière étape. L’homme qui avait l’habitude de se rendre au palais de Baabda tous les jours ou tous les deux jours au maximum, a réduit le rythme de ses visites, après avoir découvert que les visites ne parvenaient pas à lever le principal obstacle sur son chemin, et qu’Aoun ne lui donnerait pas plus que ce qu’il a donné à Mustafa Adib ou même à Saad Hariri.

En bref : Le président de la République mène la bataille de la formation du gouvernement comme la dernière bataille du son « mandat », et son objectif est clair : préparer la voie à son gendre, le député Gebran Bassil, pour prendre sa place. Il adopte donc deux plans : soit faire émerger un gouvernement où il y aura un tiers garant (le tiers de blocage) pour lui et son gendre, soit ouvrir la voie à un vide long et dur qui pourrait mélanger les papiers et permettre à Bassil d’atteindre Baabda. D’autre part, Mikati ne dispose pas des outils appropriés pour faire face au projet d’Aoun. Il est coincé entre deux feux : le feu de l’équipe de l’alliance, et le feu de l’équipe des anciens premiers ministres. C’est pourquoi, au milieu de la semaine dernière, il était sur le point de récuser, s’il n’y avait pas eu de fortes pressions françaises.

Mais le fait de rétracter sa récusation à la dernière minute n’annule pas son fort mécontentement à l’égard de ce qui se passe, d’autant plus qu’Aoun l’embarrasse délibérément dans son environnement sunnite, en envoyant le directeur général du palais républicain négocier avec lui, ce que beaucoup ont considéré comme un coup porté à la position du premier ministre. Que se passera-t-il la semaine prochaine ? Mikati récusera-t-il ou formera-t-il un gouvernement? En principe, sa treizième visite au palais présidentiel sera décisive. Le mauvais présage du chiffre 13 s’appliquera-t-il à la formation du gouvernement, ou la longueur du souffle de Mikati sera-t-elle encore plus forte que le chiffre 13 ?