SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 30 November 2022, Wednesday |

Électricité gazière égyptienne: 8 % pour la Syrie aux dépens du Liban

Al-Modon
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Le projet gazier égyptien ne se limitera pas à la fourniture de gaz par gazoducs de l’Égypte au Liban, en passant par la Jordanie et la Syrie, pour une utilisation à la centrale électrique de Deir Ammar. Une autre partie vitale de ce projet est l’utilisation du gaz égyptien pour produire de l’électricité dans les usines jordaniennes, puis pour l’ainer au Liban via la Syrie. Du côté libanais, le ministère de l’Énergie mise sur ce projet en deux parties (Jordan Electricity et Egypt Gas) pour sécuriser la moitié de la production d’électricité dont il a besoin d’ici la fin de l’année. Du côté du régime syrien, il semble y avoir suffisamment de gains pour expliquer sa volonté de coopérer avec le Liban sur le projet.

Part de la Syrie dans le projet

Le ministère libanais de l’Énergie n’a pas encore révélé tous les détails des accords qui ont conduit à l’activation de l’accord, en particulier en ce qui concerne la part des parties jordanienne et syrienne dans le projet. Mais Fawaz al-Zaher, directeur général de la Société publique syrienne de transport et de distribution d’électricité, a révélé il y a quelques jours dans une interview à la radio que le régime syrien bénéficiera d’un pourcentage fixe d’électricité fournie au Liban par le biais du projet, jusqu’à 8%, sur la période de mise en œuvre de l’accord, indépendamment de la quantité d’électricité fournie.
La proportion d’électricité dont la Syrie bénéficiera coûtera au Liban pour la produire grâce à un prêt de la Banque mondiale, tout comme l’électricité qui atteindra le réseau libanais. Peut-être que l’utilisation de ce quota par le régime syrien justifie la précipitation du régime à coopérer rapidement avec les autorités libanaises, pour surmonter tous les obstacles logistiques qui ont empêché le lancement du projet, d’autant plus que le régime syrien traverse actuellement une crise majeure dans le secteur de l’électricité en périphérie de l’hiver.

En pratique, on peut dire que ces 8% ne seront pas un ajout significatif par rapport aux besoins en électricité de la Syrie, et certains peuvent considérer que cette nutrition représentera une valeur symbolique par rapport à la consommation d’électricité par un État syrien. Mais l’importance de ce ratio aujourd’hui n’est pas la quantité d’électricité à livrer au réseau syrien, mais la qualité de ses fréquences fiables et stables, ce qui contribuera à la stabilité accrue des fréquences de l’ensemble du réseau syrien. C’est précisément ce que Fawaz al-Zaher a souligné, notant que la connexion du réseau syrien au puissant réseau jordanien contribuera à améliorer la « protection des fréquences » du réseau syrien, ce qui conduira à la stabilité de la nutrition électrique. Notant que le réseau électrique syrien souffre principalement du problème de l’oscillation et de l’instabilité de ses fréquences, tout comme le réseau électrique au Liban.

Dans tous les cas, la Syrie est connue pour connaître une crise de l’électricité similaire à celle du Liban, avec des tarifs d’alimentation électrique en Syrie à un maximum de 1 900 MW, tandis que les besoins en électricité du pays augmentent en hiver à 7 000 MW. Le principal problème aujourd’hui est que le réseau syrien a perdu 50% de son système de production, soit en raison de l’obsolescence ou d’événements de sécurité, ce qui a conduit à une augmentation des heures de rationnement à plus de 21 heures par jour dans certaines régions de Syrie.

En ce qui concerne le gaz qui passera par les gazoducs à l’intérieur du territoire syrien, le régime syrien lui-même avait besoin d’un pourcentage de ce gaz, en échange de faciliter son passage en Syrie, sans révéler aux parties libanaises ou syriennes le pourcentage convenu. Mais comme tout le monde le sait, les Syriens traversent actuellement une grave crise dans la sécurisation du gaz pour la consommation intérieure, ce qui explique le besoin urgent de l’État syrien de ce dont il peut bénéficier du projet gazier égyptien, aussi petites que soient ces quantités de gaz.

Réduire les heures de rationnement au Liban

Du côté libanais, le ministère de l’Énergie prévoit de réduire le rationnement des heures d’ici la fin de l’année à 12 heures par jour, ce qui nécessitera 1 400 MW de nutrition électrique (le Liban a besoin de 3 000 MW pour fournir une nutrition 24 heures sur 24). Pour garantir 1 400 MW, le ministère parie sur 250 MW d’électricité à générer dans les usines jordaniennes, en plus de 450 MW de production de l’usine de Deir Ammar après avoir été approvisionné en gaz égyptien par gazoducs. Les 700 MW restants pro prondront de la production actuelle de l’usine, qui sera générée par du combustible irakien.

En d’autres termes, le projet de gaz égyptien fournira la moitié de l’électricité que le ministère vise à produire d’ici la fin de l’année, que ce soit par le biais de gaz par canalisation ou d’électricité à importer de Jordanie. Le facteur le plus important dont le Liban bénéficiera ici est le financement du projet par le biais d’un prêt spécial de la Banque mondiale, tandis que les gazoducs et les lignes électriques sont principalement connectés au Liban depuis 2009, ne nécessitant qu’un entretien à faible coût.

Le principal problème du projet, en particulier en termes de dépendance à l’égard des usines jordaniennes, est qu’il n’établit pas de solution à long terme et ne l’accompagne même d’aucun plan pour faire face à la réalité du secteur de l’électricité au Liban. En résumé, le Liban aura compté dans la période à venir sur une source extérieure d’électricité, en échange de l’enregistrement du coût de cette électricité comme une dette envers l’État libanais en devises fortes. D’autre part, le ministère n’a pas encore de plans pour développer les centrales fixes existantes, ou les convertir pour travailler sur du gaz moins cher (l’usine de Deir Ammar est la seule équipée et testée pour travailler au gaz). Le gouvernement n’envisage plus le plan d’électricité et la nouvelle carte des laboratoires qui est censée combler le vide en matière de nutrition électrique. En termes de déchets techniques et de collecte, il n’y a aucune mesure pour s’assurer que cet aspect des opérations de THE LEBANESE ELECTRICITY CORPORATION s’améliore.

D’une part, les gazoducs égyptiens qui atteindront l’usine de Deir Ammar, l’État libanais aura fait un pas en avant, en s’appuyant sur une source d’énergie moins chère, plutôt que d’alimenter les profits du cartel des importateurs. Dans le même temps, cependant, le Ministère de l’énergie n’a pas établi de solution durable en ce qui concerne l’incapacité de la Société libanaise d’électricité à garantir le coût du combustible nécessaire à l’exploitation des centrales en devises fortes, d’autant plus que le projet gazier égyptien dépendra de l’enregistrement du coût du gaz sous forme de prêt en dollars au Liban.

En attente des conditions de la Banque mondiale

Le ministère de l’Énergie n’a pas encore conclu l’accord de prêt avec la Banque mondiale, qui est la seule source de financement sur laquelle le Liban peut compter pour sécuriser le gaz et mener à bien le projet. Cependant, selon des sources de suivi, il est peu probable que la Banque mondiale accepte d’obtenir le financement demandé par le Liban sans imposer des conditions de réforme liées au secteur. Ces conditions commenceront par la réparation des lacunes techniques et l’élimination des déchets dans le réseau, jusqu’à l’amélioration des taux de collecte, dans le but de réduire les niveaux de déficit budgétaire de la Société libanaise d’électricité. En ce qui concerne les tarifs, la Banque mondiale adopte l’idée qu’aucun ajustement tarifaire ne sera imposé, sauf parallèlement à l’augmentation progressive des niveaux de nutrition électrique, ce qui signifie que la Banque mondiale pourrait faire preuve d’une certaine flexibilité si le Liban demande un délai avant d’imposer des augmentations tarifaires à la Société libanaise d’électricité.

En attendant les termes de la Banque mondiale, le Liban devra compléter son accord avec l’Égypte, en particulier en ce qui concerne la durée du contrat et le volume des importations annuelles de gaz, car le gouvernement libanais semble demander une augmentation de la quantité de gaz à importer dans le cadre du projet. Mais au-delà de la nature de cet accord, le défi le plus important sera de pouvoir convaincre la Banque mondiale du plan du gouvernement pour le secteur de l’électricité. Malgré la couverture internationale de ce projet, et en dehors de l’enthousiasme des États-Unis pour cette idée, la Banque mondiale a toujours ses conditions qu’elle essaiera de mettre sur la table lorsqu’elle demandera un financement, tout comme elle l’a fait pour financer des projets de cartes et aider les familles les plus pauvres.