SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 22 October 2021, Friday |

La guerre est prête… Qui vaincra le Hezbollah ?

Farouk Youssef a écrit dans le journal Al-Arab : Ce qui s’est passé à Khaldeh, à Beyrouth, les Libanais le mettront dans leurs comptes comme un petit exercice dans une guerre que le Hezbollah pourrait leur livrer à tout moment.

À l’approche du premier anniversaire de la grande explosion qui a anéanti la moitié du Beyrouth historique, résultant du stockage de nitrate d’ammonium explosif dans le port au nom du Hezbollah, l’exercice de Khaldeh apparaît comme un sous-produit de cette énorme leçon de la violence de ses significations.

La combinaison du déni de la vérité et de l’intimidation par les armes est le facteur qui motive le Hezbollah dans ses rapports avec les Libanais, qui sont progressivement devenus des esclaves du point de vue des chefs de la résistance.

A travers les réactions du Hezbollah à cet incident, qui a conduit à l’assassinat d’un de ses leaders en représailles, nous pouvons vérifier les faits suivants :

Les autorités de sécurité libanaises n’ont pas la capacité d’arrêter tout suspect appartenant au Hezbollah. Elles n’ont pas non plus le pouvoir de le tenir pour responsable ou de le traduire en justice, quel que soit le crime qu’il a commis, petit ou grand.

Le Hezbollah, pour sa part, ne respecte pas les services judiciaires et de sécurité libanais. Au contraire, il traite l’ensemble de l’État libanais avec mépris, dont il fait un refuge pour les criminels condamnés recherchés par la justice, sans que personne n’ose les toucher ou exiger qu’ils soient traduits en justice.

Le Hezbollah traite la justice sociale avec la logique de l’ennemi, qui croit que toute réponse aux décisions liées à l’imposition de la justice est une concession de sa part dans une guerre, qu’il devra résoudre en sa faveur, qu’il soit oppresseur ou opprimé.

Ainsi, le Hezbollah a cessé d’être un groupe libanais, mais est plutôt une force qui se situe au-dessus de tous ceux qui doivent négocier avec lui à partir d’une position trop inférieure et faible pour pouvoir lui demander des comptes.

Le Hezbollah a suspendu la loi libanaise, imposant sa loi à l’État et, à travers lui, à la société. Quiconque veut traiter avec un membre du Hezbollah doit se référer aux principes suivis par le parti, car l’examen et l’évaluation des faits n’ont rien à voir avec les lois en vigueur. Sinon, toute tentative d’imposer des procédures juridiques formelles est une sorte de suicide dont personne ne peut prédire l’ampleur des dommages qui peuvent en résulter ou s’ensuivre.

Le Tribunal international pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri n’a pas réussi à arrêter l’auteur du crime et s’est contenté de le condamner à distance. Alors que ce tueur se déplaçait ouvertement dans les rues de la banlieue sud.

Le Hezbollah protège ses tueurs sous prétexte qu’ils sont victimes d’un complot contre lui. Il existe une conspiration mondiale à laquelle contribuent les pays occidentaux et arabes, les partis libanais, et avant cela Israël, et qui vise à vaincre la résistance. Par conséquent, le parti n’est pas prêt à discuter des accusations portées contre ses membres, ni à prendre en considération les preuves, les présomptions et les déclarations des témoins qui les condamnent, non pas parce qu’ils sont innocents, mais parce qu’ils font partie du corps de la résistance qu’il ne faut pas toucher.

Plus d’une fois, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a prévenu que ce fil invisible devait rester. Il n’est dans l’intérêt de personne que la résistance ait à se défendre, a-t-il dit.

Pour clarifier, la résistance est le Hezbollah, et les combattants de la résistance sont tous membres du parti. Par conséquent, ce n’est que la malchance qui met quelqu’un en conflit avec un résistant. S’il échappe à la mort, tous ses droits seront spoliés et il aura recours au silence obligatoire, sachant que l’État est incapable de le protéger ou de recouvrer ses droits.

Le Hezbollah a transformé le mensonge absurde et fallacieux de la résistance en un lourd fardeau pour les Libanais, dont les institutions officielles ont progressivement perdu la capacité d’affronter la résistance, pour laquelle les armes sont devenues leur seul jeu. La première chose que le résistant peut faire est de recourir à ses armes et ensuite de négocier.

Telle est la réalité que le Hezbollah a imposée au peuple après avoir constaté que l’État, avec toutes ses articulations, est devenu la propriété de ses mains. Il lui suffit de rappeler que les Libanais de différentes sectes se précipitent pour exécuter ses ordres, devenus comme des marionnettes dans son théâtre. Le président de la République, Michel Aoun, ne fait pas exception à la règle.

Le Hezbollah a volé l’Etat libanais. Il a volé sa volonté, sa décision, ses sources de pouvoir, son travail, sa relation avec le citoyen et sa relation avec les États. L’État est un chiffon que le Hezbollah brandit.

Le parti a besoin d’un exercice immortel de temps en temps pour rappeler aux Libanais que la résistance est prête pour la guerre.