SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 6 October 2022, Thursday |

Washington assiège les réseaux de soutien internationaux du Hezbollah : une stratégie efficace et silencieuse

« Al Arab » de Londres
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Les États-Unis continuent de mettre en œuvre une stratégie à long terme visant à assiéger les fonds extérieurs obtenus par le Hezbollah libanais, qui est lié à l’Iran, dans le but de l’assiéger et de mettre fin à sa dépendance vis-à-vis du soutien qu’il obtient pour acheter des armes et financer son contrôle politique et social sur le Liban.

Selon les spécialistes libanais, la stratégie de Washington est basée sur le suivi des activités du parti à l’étranger et de son réseau de partisans, notamment en Afrique et en Amérique latine, où il a bénéficié d’un réseau de relations construit par l’Iran après la révolution de Khomeiny en 1979. Il a également réussi à profiter de la présence traditionnelle des Libanais en Afrique et a construit ses propres réseaux de contrebande d’argent et de trafic de drogue.

Vendredi, le Trésor américain a annoncé l’imposition de nouvelles sanctions contre des personnes et des entités liées au parti.

Le ministère a indiqué dans un communiqué publié sur son site Internet que ces sanctions « visent 3 Libanais et 10 entités dans le cadre des sanctions liées au terrorisme international », et touchent à la fois Adel Diab, Adnan Ayyad et Jihad Adnan Ayyad.

Et le ministère a expliqué que certaines des entités visées par les sanctions sont basées en Zambie.

Selon le ministère, Adnan Ayyad est un membre du Hezbollah et un homme d’affaires qui dirige un réseau international de sociétés avec Adel Diab, le financier du parti, qui a récemment été sanctionné par les États-Unis.

Le ministère a également inclus dans la liste des sanctions le fils d’Adnan Ayyad, Jihad, un membre du parti lié au réseau d’entreprises de son père. La liste des entités comprend « Al-Amir Engineering, Construction and General Trading », « Golden Group Marine », « Inshaat », « Land Metex Limited » et « Land Metex Shareholding ».

Elle comprenait également les sociétés « Golden Group Trading » et Top Fashion G. M, BH, Jamool et Ayyad pour l’industrie et le commerce, Hammer et Nael Construction et Hamidco Investments ( les deux en Zambie).

Aussi, le ministère a souligné que « des facilitateurs financiers liés au Hezbollah, tels qu’Adnan Ayyad et Adel Diab, se sont employés à l’aider à obtenir des fonds par le biais de réseaux d’entreprises opérant sous l’apparence d’entreprises commerciales légitimes. »

De plus, il ajoute que cela illustre « comment le Hezbollah a pu accéder au système financier international et lever des fonds pour soutenir ses actes terroristes et ses activités illégales qui portent atteinte à la stabilité, à la sécurité et à la souveraineté du peuple libanais. »

Le communiqué cite le sous-secrétaire au terrorisme et au renseignement financier, Brian E. Nelson, qui a déclaré : « Le ministère s’est engagé à perturber les activités illégales du Hezbollah et les tentatives du parti d’échapper aux sanctions par le biais de réseaux commerciaux légitimes ».

Il y a quelques jours, le Trésor américain a annoncé, dans un communiqué, l’inscription sur la liste des sanctions de trois facilitateurs financiers liés au Hezbollah et d’une société de tourisme au Liban.

Selon le communiqué, les trois personnes visées sont Adel Diab, Ali Muhammad Al Dawn et Jihad Salem Al-Alam, en plus de leur société, « Dar Al Salam » pour le tourisme et les voyages.

En outre, il a ajouté que ce réseau de facilitateurs financiers a aidé le Hezbollah à exploiter les ressources financières du Liban et à surmonter la crise économique actuelle.

Les États-Unis ont inscrit le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes en 1997. Le champ d’application de ces sanctions s’est étendu à d’importants pays européens tels que l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Washington ne s’est pas seulement contenté de cibler l’activité du Hezbollah et ses réseaux à l’intérieur et à l’extérieur, mais a également cherché à l’isoler au Liban en envoyant des messages forts à ses alliés des partis et blocs politiques pour leur faire savoir qu’ils seraient sanctionnés s’ils s’alliaient avec lui. Elle fait également pression sur les gouvernements libanais successifs pour qu’ils s’abstiennent de jouer le rôle de couverture ou de protecteur des activités suspectes du Hezbollah.

Les sanctions américaines contre le Hezbollah ne se sont pas arrêtées aux limites de ses hommes d’affaires, ni aux partis qui facilitent ses activités illégales. Elles ont plutôt touché des noms éminents du parti, dont le fils de son secrétaire général, et un certain nombre de ses représentants au Parlement.