SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 September 2022, Tuesday |

À quoi pense Poutine ?

Le président russe Vladimir Poutine, qui a commencé sa carrière comme officier de renseignement au sein du Comité de sécurité de l’État (KGB), représente un défi particulier, particulièrement important maintenant que les agences de renseignement américaines veulent connaître ses intentions à l’égard de l’Ukraine.

Selon le New York Times, les agences de renseignement américaines sont confrontées à un test crucial : Poutine utilisera-t-il les plus de 150 000 soldats qu’il a massés près de la frontière ukrainienne pour une invasion, ou ces troupes lui donneront-elles un moyen de pression jusqu’à ce qu’il parvienne à un règlement diplomatique ?

Poutine a déclaré que la Russie était prête à poursuivre les pourparlers avec l’Occident sur les questions de sécurité, mais qu’elle ne se contenterait pas de vagues propos selon lesquels l’Ukraine ne serait pas prête à rejoindre l’OTAN prochainement.

Selon le New York Times, les États-Unis et la Grande-Bretagne connaissent la pensée de Poutine par certains moyens, comme en témoignent des entretiens avec des responsables des États-Unis et de leurs alliés les plus proches.

Le journal précise que certaines conclusions des services de renseignement sont tirées d’interceptions électroniques, tandis que d’autres informations sont étayées par les conversations régulières de Poutine avec le président Joe Biden, qui, selon les responsables, se sont avérées utiles pour comprendre sa vision du monde.

Samedi dernier, Biden s’est entretenu avec Poutine et l’a averti à plusieurs reprises des coûts élevés que Moscou devrait supporter, notamment des sanctions contre les entreprises russes.

Selon un responsable américain, le calcul de Poutine est susceptible de changer lorsqu’il comparera le coût d’une invasion de l’Ukraine avec ce qu’il peut obtenir des négociations.

Moscou fait pression pour obtenir une série de garanties de sécurité de la part de l’Occident, notamment que l’Ukraine ne rejoigne pas l’OTAN à l’avenir.

Plusieurs responsables ont noté, selon le New York Times, que Poutine peut attendre le dernier moment pour prendre une décision, réévaluant constamment ses options.

Le journal précise que les responsables américains ne veulent pas parler de la façon dont ils savent ce qui se passe dans l’esprit de Poutine, « afin de préserver leurs sources actuelles. »

« Il est difficile de connaître l’intention de tout dirigeant autoritaire, mais Poutine, qui a commencé sa carrière en tant qu’officier de renseignement, pose un défi particulier », ajoute-t-il.

La raison de ce défi est que Poutine évite d’utiliser des appareils électroniques, interdit souvent de prendre des notes, parle peu à ses assistants, et il y a une limite à ce que les agences de renseignement peuvent savoir sur ses intentions et sa pensée.

« Nous ne comprenons pas fondamentalement, et aucun d’entre nous ne comprend, ce qu’il y a dans la tête du président Poutine, et nous ne pouvons donc pas prédire dans quelle direction va la situation », a déclaré mardi à la presse Julian Smith, l’ambassadeur américain à l’OTAN.

Un haut fonctionnaire qui a rencontré ses homologues russes pour tenter de désamorcer la crise actuelle a récemment déclaré que la délégation américaine était sortie avec le sentiment que les représentants de Poutine adoptaient une ligne dure parce qu’ils ne savaient pas ce que leur président voulait faire.

La Russie a fréquemment nié avoir l’intention d’envahir l’Ukraine et affirme avoir le droit de former des troupes sur son sol de la manière qui lui convient.