SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 30 September 2022, Friday |

Après les accusations de détournement de fonds. Quel est le sort de Le Pen aux élections présidentielles ?

L’Office européen de lutte antifraude a accusé la candidate à la présidentielle Marine Le Pen et ses proches d’avoir détourné quelque 600 000 euros de fonds publics européens au cours de leur mandat au Parlement européen, selon un rapport révélé par MediaPart il y a deux jours.

L’avocat de Le Pen, s’est dit « surpris » par le timing du rapport et son « exploitation ».

L’avocat s’est dit contrarié par la façon dont l’Office européen de lutte antifraude agissait, soulignant qu’une partie du rapport concernait « des faits anciens datant de plus d’une décennie », selon des rapports française.

La concurrence entre le candidat sortant à la présidentielle Emmanuel Macron et sa rivale Marianne Le Pen s’est intensifiée une semaine avant le début du second tour le 24 avril, en raison de la controverse sur la décision de ce dernier d’imposer une amende sur le port du hijab dans les lieux publics.

Macron n’a pas tardé à rejeter la proposition, dans une tentative lue par les observateurs comme une tentative d’attirer des électeurs musulmans représentant le bloc électoral du pays.

Selon le politologue et militant civil Haitham bin Abdullah, les accusations portées contre Le Pen par le Parlement européen auront un impact très négatif sur sa fortune électorale, et sa décision d’imposer des amendes sur le port du hijab perdra une grande partie de l’électorat car elle va à l’encontre de l’idée de libertés publiques.

Dans une déclaration à Sky News Arabia depuis Paris, Abdullah a expliqué que Le Pen, la gagnante de la deuxième place au premier tour, a bénéficié des votes des électeurs musulmans, en particulier des femmes, des femmes musulmanes qui ont cédé leurs votes devant elle sur la base de son discours rassurant sur le pouvoir d’achat, la sécurité sociale et son parti pris envers les classes vulnérables.

Il a expliqué que les accusations du Parlement européen nécessitent une clarification urgente et constituent un coup dur pour la candidate qui est fortement en lice pour la présidence du pays, et qu’elles affaibliront ses chances et saperont considérablement sa réputation, en particulier à quelques jours du début du second tour des élections.

Commentant la décision de Le Pen, Abdullah a déclaré qu’elle commençait à retrouver sa personnalité extrémiste et anti-islamique, promettant d’infliger une amende aux femmes voilées si elle remportait la présidence, une amende de dimensions plus symboliques que le montant de l’amende elle-même, exprimant sa conviction que Le Pen s’était suicidé politiquement à l’elysée.

La politologue souligne que son adversaire Macron a saisi cette occasion et a soutenu son discours ouvert et tolérant, qui résonne avec un large éventail d’électeurs qui sont jusqu’à présent réticents à voter pour lui ou Pour Le Pen.

Le Pen, une candidate anti-immigration de droite, a déclaré que si elle était élue, elle imposerait des amendes aux femmes qui portent le foulard en public.

Lors d’une visite dans la ville de Strasbourg, dans l’est de la France mardi, dans le cadre d’une tournée à la rencontre des électeurs, Macron a demandé à une femme voilée si elle portait un voile ou par sa décision, et la femme a répondu: « C’est mon choix. »

Macron a répondu dans une référence apparente au plan de Le Pen: « C’est la meilleure réponse aux absurdités que j’ai entendues. »

Macron cherche à exploiter l’insistance de Le Pen sur l’idée de faire valoir que sa politique n’est pas différente de celle du Front national radical fondé par son père Jean-Marie Le Pen.

Il s’est également présenté comme un défenseur des libertés religieuses, soulignant que l’interdiction du hijab signifierait constitutionnellement l’interdiction de tous les symboles religieux, y compris la capuche juive et la croix.

    la source :
  • Sky News Arabia