SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 20 January 2022, Thursday |

Avant le début du sommet de Genève … 5 questions qui enflamment le conflit entre l’Amérique et la Russie

Les relations américano-russes connaissent de fortes tensions, car 5 questions internationales et internes ont déclenché un conflit froid entre Washington et Moscou, qui se profile avant le sommet de Genève.

Tenter d’éviter un nouveau conflit en Ukraine est un sujet urgent qui sera abordé lors des prochaines discussions à Genève entre Washington et Moscou, mais les recherches porteront également sur d’autres préoccupations à long terme telles que la sécurité en Europe, le désarmement et le rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et la Russie au niveau qu’elles avaient auparavant.

Ukraine

L’Occident accuse la Russie de déployer jusqu’à 100 000 soldats à la frontière avec l’Ukraine et menace d’imposer des sanctions sans précédent en cas de nouvelle invasion du pays après l’annexion de la Crimée en 2014.

Washington et les Européens souhaitent le retrait de ces forces et la relance des accords de Minsk, censés mettre fin au conflit dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, entre Kiev et les séparatistes pro-russes.

De son côté, Moscou exige la fin de l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à ses frontières, et la réduction du nombre de militaires de l’OTAN en Europe de l’Est, autant de demandes que les adversaires de la Russie jugent « inacceptables. »

Les points sensibles

Les États-Unis ont critiqué le déploiement de forces russes pour soutenir le gouvernement du Kazakhstan, qui fait face à des émeutes, après avoir également mis en cause le soutien de la Russie au président biélorusse Alexandre Loukachenko, suite à sa réélection controversée, ainsi que la récente crise des migrants avec l’Europe.

Le soutien décisif de Moscou au président syrien Bachar el-Assad reste également un point de discorde entre les deux pays.

En Afrique, les États-Unis et l’Union européenne font pression pour réduire le rôle du groupe paramilitaire russe Groupe Wagner, qui se trouve en République centrafricaine et pourrait également être déployé au Mali.

Le désarmement

L’objectif principal du « Dialogue sur la stabilité stratégique » prévu lundi à Genève est de relancer les discussions sur le contrôle des armements entre les deux puissances nucléaires.

Après l’accord conclu il y a un an pour prolonger de cinq ans le traité « Newstart » sur la réduction des arsenaux nucléaires, Washington s’est dit prêt à prendre d’autres mesures à condition que Moscou retire d’abord ses forces de la frontière ukrainienne.

À ce dossier classique s’ajoute le thème des cyberattaques, que les Américains ont imputé aux Russes, sur fond de désinformation sur Internet et d’accusations d’ingérence électorale.

Les droits de l’homme et les prisonniers

L’administration du président américain Joe Biden affirme qu’elle place la promotion de la démocratie et la défense des droits de l’homme au cœur de sa politique étrangère, et demande notamment la libération du leader de l’opposition russe Alexei Navalny et des revendications pour une plus grande liberté politique.

Sur le plan bilatéral, des échanges de prisonniers entre les deux pays ont été envisagés par le passé, mais cela ne s’est pas concrétisé. L’échange pourrait inclure les Américains Paul Whelan et Trevor Reed emprisonnés en Russie.

Du côté russe, la mère du marchand d’armes Viktor Bout, ainsi que la famille de Konstantin Yaroshenko, le pilote russe accusé de trafic de cocaïne, ont appelé à leur libération.

Crise des ambassades

Les effectifs diplomatiques des deux pays sont au plus bas après une série d’expulsions et de mesures de rétorsion.

Même les Américains préviennent que leur ambassade à Moscou pourrait tout simplement ne pas être en mesure de fonctionner cette année.

Ce dossier fait l’objet de négociations depuis des mois, mais sans grand progrès jusqu’à présent.