SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 28 January 2022, Friday |

Avec le feu vert américain, Séoul va verser une compensation de 61 millions de dollars à une société iranienne

Les autorités sud-coréennes ont confirmé qu’elles allaient régler le différend qui les oppose à une société iranienne depuis 2010, et qu’elles allaient verser à cette dernière une compensation estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué qu’il avait reçu une « autorisation spécifique » du Trésor américain pour verser une compensation de 73 milliards de wons (61 millions de dollars) au groupe iranien Diyani.

« L’autorisation nous permet d’utiliser le système financier américain pour verser une compensation à l’investisseur privé iranien », a-t-il ajouté, exprimant l’espoir que ce résultat « contribue à l’amélioration des relations bilatérales » entre la Corée du Sud et l’Iran.

En 2018, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, un organisme affilié à la Banque mondiale, a rendu une décision ordonnant à Séoul de verser une compensation financière à Diyani après que le groupe sud-coréen Daewoo Electronics a échoué en 2010 à acquérir le groupe iranien spécialisé dans la fabrication de machines industrielles, mais ce paiement a été effectué. La compensation n’a pas été possible en raison des sanctions américaines imposées à l’Iran.

L’Iran était le principal partenaire commercial de la Corée du Sud avant que les États-Unis se retirent unilatéralement de l’accord nucléaire en 2018 et réimposent des sanctions sévères à Téhéran.

Avant ces sanctions, l’Iran exportait du pétrole vers la Corée du Sud et importait des équipements industriels, des pièces détachées pour voitures et des appareils ménagers.

Et l’année dernière, la République islamique a menacé d’intenter une action en justice contre la Corée du Sud si elle ne lui versait pas plus de sept milliards de dollars pour les exportations de pétrole iranien que Séoul importait avant les sanctions américaines, mais qu’elle n’a pas pu payer à Téhéran à cause de ces sanctions.

Des négociations sont en cours à Vienne pour relancer l’accord conclu en 2015 entre Téhéran et les six puissances mondiales, avant que les États-Unis ne s’en retirent sous l’impulsion de l’ancien président Donald Trump en 2018 et réimposent de dures sanctions économiques à l’Iran.

La Corée du Sud a envoyé des diplomates de haut rang aux négociations de Vienne dans l’espoir de progresser sur le dossier des fonds iraniens gelés.

Lors des négociations de Vienne, Téhéran souligne la priorité de la levée des sanctions que Washington lui a réimposées, et l’obtention de garanties que le retrait américain ne se reproduira pas. De leur côté, les États-Unis et leurs alliés européens se sont concentrés sur la nécessité pour l’Iran de revenir au plein respect de ses engagements au titre de l’accord, qu’il a commencé à renier en 2019 en réponse au retrait de Washington.

L’accord de Vienne permettait la levée des sanctions économiques sur l’Iran, en échange de la limitation de ses activités atomiques et de la pacification de son programme nucléaire. Cependant, ses effets sont devenus sans effet depuis que Washington s’est retiré sous l’ère de Donald Trump. Son successeur, Joe Biden, a exprimé sa volonté de faire revenir son pays dans l’accord nucléaire, mais à condition que Téhéran en respecte à nouveau les termes.