SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 September 2022, Tuesday |

Comment le renseignement militaire russe espionne-t-il l’Europe?

Un rapport des services de renseignement extérieurs estoniens a fourni des informations détaillées sur les méthodes de travail du renseignement militaire russe pour dépeindre la menace posée par Moscou et Pékin à l’Occident, a rapporté le journal français Le Figaro.

Selon le directeur général du renseignement, Mikok Maran, le rapport publié chaque année par les services de renseignement estoniens depuis sept ans, qui n’est pas lié à la crise ukrainienne, se concentre sur les activités de renseignement militaire russe et confirme la menace continue qu’elles représentent, notant qu’il est susceptible de mener des actions subversives en Ukraine.

Depuis 2014, le renseignement militaire russe supervise l’organisation de « groupes de combat » pour mener des attaques, des assassinats et l’établissement de caches d’armes en Ukraine, indique le rapport, pour les activer lors de la réception du premier signal de la Russie.

L’Estonie reconnaît publiquement qu’elle veut enseigner à ses partenaires les méthodes de renseignement russes, qui sont distinctes des autres homologues dans le monde, non seulement collecter des informations militaires, mais aussi ajouter des informations sur l’économie, la politique, la technologie et l’environnement dans les zones ciblées.

Selon le rapport, le renseignement militaire russe a cinq positions actives aux portes de l’Europe, la première étant la 73e à Saint-Pétersbourg, la 264e à Kaliningrad, la 74e à Smolensk et la 269e à Moscou, « La tâche principale de ses agents de renseignement est de préparer et de soutenir les opérations militaires russes à l’étranger en utilisant des informations opérationnelles et tactiques recueillies sur l’État cible, et grâce à ces informations, la situation et le déploiement des forces armées dans le pays cible sont envisagés, en particulier ceux liés à la présence de l’OTAN ».

Sans fournir de détails sur le nombre réel ou l’impact de ces réseaux, les services de renseignement estoniens fournissent des détails sur les tâches des espions recrutés à l’étranger par les Russes, allant de l’attention portée à l’opinion publique locale à la surveillance des infrastructures sensibles et militaires, et les centres de Kaliningrad et de Mansk, en particulier, recrutent des marins pour surveiller les installations dans les ports, selon le rapport de renseignement.

Le journal a conclu par un rapide examen des cas faisant référence à des activités menées par le renseignement militaire russe en Europe, telles que l’envoi d’agents pour tenter d’assassiner Sergueï Skripal au Royaume-Uni, et les soupçons en 2020 de recruter un officier français qui travaillait dans une base de l’OTAN en Italie, et le verdict d’octobre dernier sur un espion russe travaillant au Bundestag (parlement allemand).