SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2022, Monday |

Des documents secrets révèlent les crimes commis à la prison d’Evin en Iran

Le régime iranien continue de commettre des crimes et des violations à l’encontre des détenus, notamment pour des motifs politiques.

Radio Farda a publié des documents, obtenus par des pirates informatiques, qui révèlent les souffrances des prisonniers dans la prison iranienne d’Evin.

Radio Farda a pu accéder à ces documents après qu’ils leur ont été divulgués par un groupe de pirates informatiques se faisant appeler « Adalat Ali ».

Selon les documents, la grève de la faim des prisonniers ou l’envoi de messages à l’étranger sont considérés comme un « comportement criminel ». Un ancien responsable de la prison d’Evin a appelé à punir les prisonniers qui refusent de s’alimenter ou qui envoient des messages écrits ou audio à l’extérieur de la prison.

Et les documents indiquent que dans de tels cas, « les prisonniers accusés de violations doivent être isolés, et leur présence parmi les autres doit être limitée. »

L’un des documents concerne Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Britannique détenue en Iran depuis cinq ans. Le document fait référence à l’imposition de sanctions à son encontre en 2019 après qu’elle ait entamé une grève de la faim pour protester contre son emprisonnement.

nazanin Zaghari-Ratcliffe

Le document indique que « les autorités pénitentiaires ont refusé d’accorder des visites spéciales à Ratcliffe, ce qui l’a finalement poussée à mettre fin à sa grève de la faim », et qu’une telle mesure devrait être utilisée avec d’autres prisonniers en cas de grève de la faim.

Ces dernières années, de nombreux prisonniers ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Certains ont également publié des déclarations pour tenter de faire la lumière sur leurs mauvais traitements et exprimer leurs opinions politiques.

Au début de cette année, le groupe « Adalat Ali » a réussi à pénétrer dans les caméras de surveillance de la prison d’Evin, où les séquences enregistrées montraient les mauvais traitements et les coups infligés aux prisonniers.

La fuite de ces images a mis les autorités iraniennes dans un grand embarras, celles-ci affirmant que les prisonniers de la prison d’Evin étaient « traités avec gentillesse et clémence », ce qui a incité le chef de l’administration pénitentiaire à présenter des excuses.

Les documents indiquent que les autorités pénitentiaires ont empêché toute communication avec le directeur et opposant, Muhammad Nourizad, après que celui-ci a entamé une grève de la faim et publié des déclarations depuis la prison.

De plus, l’administration pénitentiaire a reproché à Nourizad, qui purge une peine de 17 ans de prison, de « répandre des mensonges » sur ce qui se passe en prison.

Et les autorités ont par la suite annulé l’interdiction de communiquer imposée à Nourizad après que celui-ci eut promis de ne pas accorder d’interviews aux journalistes ni de publier de déclarations.

D’autres documents ayant fait l’objet d’une fuite indiquent que les autorités ont empêché l’avocate des droits humains Nasreen Sotoudeh de rencontrer sa famille, sauf en lui imposant des conditions, comme le port d’un voile complet, ne laissant que le visage et les mains découverts, car elle a été empêchée de rencontrer sa famille pendant trois semaines pour avoir refusé ce que les autorités demandaient.

Un autre document de la prison décrit la minorité religieuse des derviches en Iran comme un groupe « terroriste » et affirme qu’ils sont alliés à ISIS.