SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 November 2022, Sunday |

Des ponts coupés à Khartoum … Les manifestations du « 30 octobre » défient les militaires

Plusieurs syndicats et organisations civiles au Soudan se préparent aujourd’hui, samedi, à descendre dans la rue pour protester contre les mesures exceptionnelles prises par les forces armées du pays, dirigées par le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Bourhan, pour dissoudre le gouvernement civil et imposer l’état d’urgence, en brandissant des « millions » et des foules importantes.

L’Association des professionnels et les Forces pour la liberté et le changement, ainsi que plusieurs syndicats, ont appelé à participer aux manifestations, par le biais de posts sur les sites de communication. La Chambre centrale des manifestations d’octobre a identifié les parcours des manifestations dans les trois villes de la capitale, où les manifestations de Khartoum se dirigeront vers la rue de l’aéroport, tandis que les manifestations d’Omdurman se dirigeront vers le siège du Parlement, tandis que la « station intermédiaire » sera la destination des manifestations de la ville de Khartoum Nord.

Elle a également écrit quelques graffitis à Khartoum appelant à la participation, quelques jours après avoir appelé à la grève et à la désobéissance massive dans la capitale soudanaise.

Le Retour en arrière est impossible

Le principal slogan de ces manifestations, qui se sont répandues parmi les Soudanais sur Facebook et Twitter, est « Le Retour en arrière est impossible », faisant référence à un retour à la situation d’avant le soulèvement de plusieurs mois qui s’est terminé par le renversement de l’ancien président Omar El-Béshir en avril 2019 et la formation d’une autorité de transition composée de civils et de militaires chargée de gérer les affaires du pays jusqu’à la passation du pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu en 2023.

En outre, les militants et les défenseurs de ce mouvement insistent pour que les « processions » soient pacifiques.

D’autre part, des sources ont déclaré à Al-Arabiya/Al-Hadath que les communications et l’Internet ont été coupés dans la capitale, ainsi que la fermeture de tous les ponts sauf 2.

Le monde observe

Simultanément, le monde observe la réaction des forces de sécurité et la manière dont elles vont agir, bien qu’Al-Bourhan ait affirmé hier que l’armée ne s’oppose à aucune manifestation pacifique.

L’Union européenne et Washington ont mis en garde contre le fait d’affronter les manifestants ou de les soumettre à la répression.

Amnesty International a également appelé « les dirigeants militaires à ne pas commettre d’erreur de calcul », soulignant que « le monde surveille la situation. »

Test militaire

Par ailleurs, un haut responsable américain a déclaré hier, selon ce qui a été rapporté par l' »AFP » : « Nous sommes vraiment inquiets de ce qui va se passer », ajoutant : « Ce sera un véritable test des intentions des militaires. »

A son tour, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exhorté l’armée soudanaise à « faire preuve de retenue » lors des manifestations d’aujourd’hui, samedi. « J’appelle les militaires à faire preuve de retenue et à ne pas faire plus de victimes. Les gens devraient être autorisés à manifester pacifiquement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à la veille de l’ouverture du sommet du G20 à Rome.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait appelé les militaires au Soudan, par une déclaration publiée à l’unanimité de ses membres, jeudi, à « renvoyer un gouvernement de transition dirigé par des civils », se disant « gravement préoccupé par la prise du pouvoir par les militaires. »

« Gouvernement civil »

Alors que le président américain Joe Biden a déclaré : « Notre message commun aux autorités militaires du Soudan est clair, le peuple doit être autorisé à manifester pacifiquement et le pouvoir doit être rendu au gouvernement de transition dirigé par des civils. »

Il a également affirmé que « les États-Unis continueront à soutenir le peuple soudanais et sa lutte non violente pour avancer vers les objectifs de la révolution soudanaise. »

Il convient de noter que le chef de l’armée soudanaise avait annoncé lundi dernier (25 octobre) la dissolution du gouvernement et du Conseil souverain, ainsi que la suspension de certaines dispositions du document constitutionnel.

Dans le même temps, les forces de sécurité ont arrêté un certain nombre de ministres et de responsables gouvernementaux, ainsi que des dirigeants de plusieurs partis et des Forces pour la liberté et le changement.

Cette situation survient après des semaines de tension entre les composantes militaire et civile, partenaires du gouvernement de transition dans le pays, depuis la destitution d’El-Béshir.

    la source :
  • alarabiya