SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

En Irak…3 condamnés ont été exécutés pour « terrorisme »

Mardi, les autorités compétentes ont exécuté trois Irakiens reconnus coupables de « terrorisme ».

Dans le même temps, une audience dans un procès séparé pour l’accusé du meurtre de l’éminent chercheur et militant politique Hisham al-Hashemi a été reportée, ont indiqué à l’AFP des sources sécuritaires et judiciaires.

L’une des sources a expliqué que les trois hommes ont été exécutés dans la prison centrale de Nassiriyah, connue sous le nom d’« Al-Hout ».

C’est la seule prison dans laquelle la peine de mort est appliquée dans le pays, et l’un d’entre eux est condamné dans le cadre d’un attentat à la bombe à Nasiriyah (sud du pays) à l’été 2013, et un autre est reconnu coupable d’être lié à une explosion dans le gouvernorat de Karbala, dans le centre de l’Irak.

Une deuxième source sécuritaire a confirmé les exécutions, notant que les trois hommes avaient été reconnus coupables de « terrorisme ».

Depuis que l’Irak a déclaré sa victoire sur l’organisation terroriste ISIS, en 2017, les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort contre des membres de l’Etat islamique.

Il s’agit de la cinquième exécution réalisée cette année, portant à 17 le nombre de personnes exécutées en Irak depuis début 2021, selon un décompte de l’AFP.

L’Irak se classe au quatrième rang des pays qui appliquent la peine de mort dans le monde après la Chine, l’Iran et l’Arabie saoudite, selon Amnesty International, qui a dénombré plus de 50 exécutions dans le pays en 2020.

Une loi votée en 2005 punit de la peine de mort toute personne reconnue coupable de « terrorisme ».

Il s’agit d’une accusation qui peut inclure l’appartenance à un groupe extrémiste, même si l’accusé n’a été reconnu coupable d’aucun acte spécifique.

Al-Hashemi .. et les « allégations de procrastination »

Dans un autre contexte, un tribunal irakien a reporté mardi au 28 février l’audience du procès de l’accusé du meurtre du chercheur Hisham al-Hashemi, selon ce qu’a déclaré à l’AFP une source judiciaire, à la suite de son arrestation en juillet, un an après l’assassinat, qui a suscité une condamnation interne et internationale.

Une source judiciaire a indiqué à l’AFP que « le juge a décidé de reporter le procès au 28 février, après que l’avocat de l’accusé eut déposé une demande de réexamen de l’examen médical qui lui avait été pratiqué précédemment ».  »

Il a expliqué qu’il s’agissait de la deuxième session dans l’affaire.

Il a ajouté que « l’accusé a affirmé lors de la première audience avoir été soumis à la torture pour arracher ses aveux ».

Et l’agence de presse officielle irakienne a rapporté que « le Conseil judiciaire suprême a décidé, aujourd’hui, mardi, de reporter le procès du meurtrier d’al-Hashemi jusqu’en février prochain ».

Une source proche de la famille d’al-Hashemi a déclaré mardi dans un entretien à l’AFP que « le report du procès de plus de deux mois aux fins d’un réexamen médical est un ajournement de l’affaire ».

Al-Hashemi, 47 ans, spécialiste des mouvements djihadistes, a été tué le 6 juillet 2020 par des hommes à moto devant son domicile à Bagdad.

Le chercheur de la société civile avait adopté une position ferme en faveur des manifestations qui ont débuté en octobre 2019, qui réclamaient une réforme globale du système politique et dénonçaient l’influence iranienne en Irak.

Un an après son assassinat, en juillet 2021, le Premier ministre irakien Mustafa Al-Kazemi a annoncé l’arrestation des « assassins » d’Al-Hashemi.

Après cela, la télévision d’État a diffusé les « aveux » de l’accusé dans cette affaire, un policier de 36 ans nommé Ahmed al-Kinani depuis 2007.

A l’époque, une source sécuritaire avait confirmé à l’AFP que le policier était proche du Kata’ib Hezbollah, l’une des factions de la mobilisation populaire les plus influentes.

Al-Kazemi a juré plus d’une fois de tenir les responsables de l’assassinat d’Al-Hashemi pour responsables, alors qu’il a déclaré dans un discours la semaine dernière : « Nous vous avons promis d’arrêter les assassins du chercheur Hisham Al-Hashemi… Hisham a combattu aujourd’hui en prison et est en attendant le verdict de la justice.

Et avant Al-Hashemi, des dizaines de militants ont connu leur sort depuis le début du soulèvement, qui a fait l’objet d’une répression sanglante (environ 600 morts et 30 000 blessés), tandis que des dizaines d’autres ont été kidnappés et relâchés peu de temps après.

Il y a un an, huit organisations de défense des droits humains accusaient l’Irak dans un rapport de ne pas respecter ses obligations de demander des comptes aux responsables des assassinats, ce qui « renforçait des décennies d’impunité ».

Début novembre, un tribunal irakien a prononcé une condamnation à mort par pendaison pour le principal accusé d’avoir tué deux journalistes connus pour leur activisme en faveur des manifestations, et d’autres accusés d’avoir tué un adolescent lors des manifestations d’octobre 2019 à Bassra, en Irak.