SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 20 May 2022, Friday |

Fusillade dans des sites militaires au Burkina Faso et le gouvernement dément qu’il s’agit d’un coup d’État

Dans un contexte d’escalade des tensions sécuritaires, un certain nombre de sites militaires au Burkina Faso ont été le théâtre de fusillades aujourd’hui, dimanche.

Le gouvernement du pays africain, dans son premier commentaire sur la question, a reconnu l’occurrence d’incidents de tir dans un certain nombre de casernes militaires, niant la prise de pouvoir de l’armée dans le pays, et a appelé les citoyens à rester calmes.

Aussi, l’Agence France-Presse a cité des sources militaires et des résidents locaux confirmant que ces incidents se sont produits dans un certain nombre de casernes dans la capitale, Ouagadougou, et dans plusieurs autres régions du pays.

Un soldat à Ouagadougou a déclaré à l’agence que le bruit provenant du camp Sangoulé Lamizana, où est basé l’état-major de l’armée, dure depuis la première heure du matin.

En outre, des résidents locaux ont confirmé à l’agence la véracité de cette information, ajoutant que « les tirs augmentent en intensité. »

Des sources militaires ont indiqué à l’agence que des tirs ont été entendus dans un autre camp de l’armée à Bab Si (au sud de Ouagadougou) et sur une base aérienne près de l’aéroport, en plus de rapports de tirs dans des casernes dans les villes de Kaya et Wahigoya dans le nord du pays.

Et la chaîne RFI a indiqué qu’au moins deux camps de la capitale ont essuyé des tirs nourris à l’arme automatique et à l’arme lourde, dont le camp de Sangoulé Lamizana, qui comprend une prison militaire dans laquelle est également inculpé le général Gilbert Dendry, l’ancien chef d’état-major qui a mené le coup d’État dans le pays en 2015, et qui a été impliqué dans l’exécution de l’ancien président Thomas Sankara en 1987.

Les motivations des récentes fusillades ne sont pas encore claires.

Cette affaire intervient dans un contexte d’escalade des tensions sécuritaires et sociales dans le pays, un jour après que les forces de sécurité ont dispersé des manifestations antigouvernementales non autorisées, et que les autorités ont imposé des restrictions à l’accès aux sites de médias sociaux.

Des sources de sécurité ont confirmé à l’ « AFP » que deux soldats avaient été tués lors de manifestations hier dans le nord du pays, tandis que des habitants de Kaya ont déclaré que les manifestants avaient pris d’assaut le siège du parti au pouvoir dans la ville.