SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 7 October 2022, Friday |

Iran : Les prix ont augmenté de 300% et les citoyens envahissent les magasins

La crise que connaît l’Iran s’exacerbe dans un contexte de détérioration des conditions économiques et de vie, alors que les autorités iraniennes ont soudainement augmenté, jeudi, les prix des produits de base et des denrées alimentaires, à des taux allant jusqu’à 300 %, tandis qu’un état de panique régnait parmi les citoyens qui faisaient de longues files d’attente pour obtenir certains matériaux dans les magasins, avant l’entrée en vigueur de la décision d’augmentation des prix.

La hausse des prix concernait les denrées alimentaires de base telles que l’huile de cuisson, le poulet, les œufs et le lait.

Les vidéos de citoyens faisant la queue dans les magasins pour se procurer de la nourriture se sont répandues sur les réseaux sociaux mercredi en fin de journée, et la monnaie iranienne est tombée, jeudi, à 300 000 riyals par rapport au dollar.

À la suite de la diffusion des clips vidéo en provenance d’Iran, les réseaux Internet du pays ont connu une certaine instabilité, tandis que les autorités ont fermé l’Internet dans les villes de la province du Khuzestan, selon l’organisation NetBlocks, alors que les autorités se préparaient à d’éventuels mouvements.

Certaines des vidéos montrent des manifestations dans des zones reculées du sud du pays, dont l’Associated Press a déclaré ne pas pouvoir vérifier l’authenticité.

L’agence a noté que les vidéos révèlent un profond état d’anxiété et de frustration envers les dirigeants en Iran.

Elle a également montré des clips de la province du Khuzestan, où des citoyens se sont rassemblés dans l’obscurité, scandant des slogans contre la hausse des prix et contre les dirigeants du pays.

Les prix des denrées alimentaires ont augmenté dans tout le Moyen-Orient en raison des crises de la chaîne d’approvisionnement mondiale et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, alors que les données montrent que l’Iran importe de l’huile de cuisson d’Ukraine, qui subit une invasion russe qui a expulsé les agriculteurs de leurs champs.

Bien que l’Iran produise près de la moitié de son blé, il importe le reste de ses besoins de Russie, sans parler de l’escalade de la contrebande de pain iranien subventionné vers l’Irak et l’Afghanistan.

Les terres iraniennes connaissent un état de sécheresse, tandis que les sanctions occidentales liées à l’accord nucléaire entraînent des difficultés supplémentaires pour l’économie iranienne. En effet, le taux d’inflation a atteint environ 40 %, soit le niveau le plus élevé depuis 1994, sans parler du chômage élevé chez les jeunes, et les chiffres du centre statistique iranien montrent que 30 % des familles iraniennes se situent en dessous du seuil de pauvreté.

Le président iranien Ebrahim Raisi a promis de créer de nouveaux emplois, de lever les sanctions et de sauver l’économie, mais les discussions visant à relancer l’accord nucléaire avec les puissances mondiales sont toujours au point mort.

Le gouvernement iranien a promis d’aider les familles en versant 14 dollars par mois à chaque citoyen iranien pour compenser la hausse des prix.

Les propriétaires de boulangeries affirment que le coût du pain a été multiplié par 10, mais les autorités iraniennes évitent soigneusement de modifier les prix du pain subventionné, d’autant plus qu’il s’agit d’une denrée de base dans le régime alimentaire des Iraniens.

Les souvenirs des manifestations contre la hausse des prix du carburant en Iran, il y a trois ans, sont encore frais dans nos mémoires. Elles ont causé la mort de centaines de manifestants lors d’une répression lancée par les autorités iraniennes, selon Amnesty International.