SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 1 December 2022, Thursday |

« La bombe nucléaire iranienne » pourrait être le début de la fin pour l’Iran

Il semble que la poursuite par l’Iran d’une bombe nucléaire pourrait se retourner contre ce pays et être le début de la fin pour le régime actuel, qui cherche à dominer la région grâce à cette arme, selon un rapport du magazine américain « Foreign Affairs », aujourd’hui lundi.

Le magazine a souligné qu’Israël et les autres pays de la région ne resteront pas inactifs face aux provocations de l’Iran s’il obtient et utilise une arme nucléaire, soulignant que les États-Unis défendront également leurs alliés.

Dans son rapport, intitulé « La bombe nucléaire rebondira sur l’Iran », il considère que la fabrication d’armes nucléaires par Téhéran ne l’aidera pas à imposer son hégémonie régionale, et que cela dépend en grande partie de la manière dont Washington réagira à l’essai nucléaire iranien.

La revue a souligné que Washington devra notifier à Téhéran qu’il portera la responsabilité de toute utilisation ou transfert de ses nouvelles armes à toute autre partie.

Et le magazine a noté que l’Amérique, afin de renforcer son message, doit déployer des navires dotés d’armes nucléaires dans le golfe Persique et placer des missiles à tête nucléaire contrôlés par les forces américaines dans les États du Golfe, indiquant qu' »il y aura des moments de tension et des confrontations, et Washington devra montrer sa capacité à supporter les risques. »

Un pays nucléaire

Le magazine a fait remarquer qu’une fois que l’Iran sera devenu un État nucléaire, neutraliser l’impact de la bombe atomique ne devrait pas être la seule tâche de Washington, soulignant que le plus grand objectif devrait être de créer un consensus mondial contre Téhéran, et que les États-Unis et leurs alliés devront imposer des sanctions sévères au régime et l’isoler. Plus encore en faisant pression sur les Nations unies pour qu’elles blâment officiellement l’Iran.

En outre, le magazine a indiqué que Washington devra également persuader ses alliés européens de rompre leurs relations diplomatiques avec Téhéran, même si ces mesures ne fermeront pas toutes les routes commerciales avec l’Iran, car la Chine devrait continuer à acheter une partie de son pétrole, notant qu’il est nécessaire que le Japon et la Corée du Sud cessent d’importer du pétrole iranien.

Le magazine souligne la nécessité pour les États-Unis d’exercer une pression supplémentaire pour restreindre les relations commerciales iraniennes en privant le régime de sa capacité à utiliser le système bancaire international et en lui restituant ses fonds provenant de l’étranger.

De plus, l’acquisition d’une bombe nucléaire compromettrait également la recherche de l’hégémonie régionale par le régime, selon le magazine. Car l’arme que les mollahs présenteront comme le moyen de sauvetage stratégique du pays pourrait au contraire conduire à une course aux armements nucléaires dans le voisinage de l’Iran.

Et le magazine a ajouté : « Il est difficile d’imaginer que certains pays de la région restent les bras croisés alors que leur principal adversaire brandit un arsenal atomique. La Turquie, qui cherche à devenir une grande puissance dans la région, pourrait également participer à cet acte, et le Moyen-Orient deviendrait soudainement plus instable et l’Iran moins sûr. »

Un contrecoup local

Selon le magazine, lorsque Téhéran parviendra à se doter d’une bombe nucléaire et découvrira que cela ne lui procure aucun avantage stratégique et exacerbe ses dilemmes économiques, il sera confronté à un revers politique intérieur « explosif », d’autant plus qu’il a perdu une grande partie de sa légitimité à cause d’élections « arrangées », de mauvais résultats économiques et d’une corruption massive. La faible réponse au coronavirus.

Aussi, le magazine a également indiqué que « la bombe que le régime a promise renforcera la position de l’État, appauvrira davantage son trésor, ce qui générera une colère populaire massive et écrasante », notant que « l’obtention de la bombe est contre-productive et contribue à la chute du régime religieux. »

Le magazine conclut son rapport en disant : « Si le régime tombe, son successeur sera probablement issu du creuset de l’opposition et, à ce titre, le nouveau régime est susceptible de se concentrer sur le développement économique intérieur et la réforme des relations avec la communauté internationale. »

Et il a ajouté : « Un nouveau gouvernement iranien devait renoncer à l’armement nucléaire pour faire face aux nombreux problèmes auxquels il pourrait être confronté à l’intérieur du pays, il aurait toutes les raisons de retenir la leçon, à savoir que pour l’Iran, les coûts de l’acquisition d’une arme nucléaire dépassent largement ses avantages. »