SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 July 2022, Tuesday |

La France devient le premier importateur de gaz russe

Un rapport d’un centre de recherche indépendant a révélé, lundi, que la France, qui a augmenté ses importations d’énergie fossile russe, pour devenir le plus grand importateur de gaz naturel liquéfié russe, au cours des 100 premiers jours de l’invasion de l’Ukraine, « en contradiction avec le soutien de Paris à Kiev dans sa guerre. »

Le rapport du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur, basé en Finlande, indique que la Russie a généré des revenus de 93 milliards d’euros grâce aux exportations d’énergie fossile, principalement vers l’Union européenne.

Ce rapport a été publié au moment où l’Ukraine exhorte l’Occident à cesser ses importations d’énergie en provenance de Russie afin de priver le Kremlin d’une source de financement pour sa guerre contre elle.

La première source de revenus de la Russie est le pétrole brut (46 milliards), suivi par le gaz exporté par oléoducs (24 milliards), puis les dérivés du pétrole, le gaz naturel liquéfié et enfin le charbon.

Selon le centre, des pays comme la France, la Chine, l’Inde et les EAU ont augmenté leurs achats de la Russie, et en retour, certains pays comme la Pologne, la Finlande et les pays baltes ont fait de gros efforts pour réduire leurs importations.

« Alors que l’Union européenne envisage de renforcer les sanctions contre la Russie, la France a augmenté ses importations pour devenir le plus grand importateur de gaz naturel liquéfié russe au monde », a déclaré Lauri Myllyvirta, analyste au Centre, qui a coécrit le rapport.

L’expert a expliqué que les achats sont effectués en espèces et non dans le cadre de contrats à long terme, ce qui signifie que la France a délibérément décidé de se procurer de l’énergie russe malgré l’invasion de l’Ukraine.

« Les actes de la France doivent correspondre à ses paroles : si elle soutient réellement l’Ukraine, elle doit immédiatement imposer une interdiction des sources d’énergie fossiles de la Russie, et développer rapidement des énergies propres et des solutions d’efficacité énergétique », a-t-il ajouté.

Selon le rapport, l’Union européenne a représenté 61 % des exportations d’énergie fossile de la Russie, soit environ 57 milliards d’euros, au cours des 100 premiers jours de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, entre le 24 février et le 3 juin.

Les principaux pays importateurs étaient la Chine (12,6 milliards d’euros), l’Allemagne (12,1 milliards) et l’Italie (7,6 milliards).

L’Union européenne a récemment approuvé une interdiction progressive de ses importations de pétrole russe, avec quelques exceptions. Pour l’instant, l’interdiction ne concerne pas le gaz dont dépend le groupe.

Les chiffres du rapport indiquent que les revenus de la Russie n’ont pas été perturbés, même avec la baisse des exportations en mai, et bien que la Russie soit obligée de vendre sa production à des prix réduits sur les marchés internationaux, elle a bénéficié des prix élevés de l’énergie dans le monde.