SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 October 2022, Monday |

La France révèle la destination de ses forces militaires après le retrait du Mali

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les soldats européens actuellement stationnés au Mali seraient déployés au Niger.

Le chef d’état-major a révélé qu’ « environ 2 500 et 3 000 soldats français resteront dans la région du Sahel (La côte africaine) après le retrait du Mali, dans un délai de six mois. »

La France et ses alliés de la « Force Takoba » ont annoncé aujourd’hui un « retrait coordonné » du Mali, après neuf ans d’intervention contre les extrémistes dans la région.

Une décision qui intervient au lendemain d’une réunion tenue par le président français à Paris, avec plusieurs responsables africains et européens, au vu d’une grave crise avec Bamako.

Dans une déclaration commune, les pays ont affirmé que « les conditions politiques, pratiques et juridiques ne sont plus réunies » et ont décidé d’un « retrait coordonné ».

Les pays ont affirmé – selon la déclaration – leur volonté de poursuivre leur engagement dans la région du Sahel, où les extrémistes sont actifs.

La réunion à l’Elysée a eu lieu hier, à la veille d’un sommet des Unions européenne et africaine, à Bruxelles, où il est censé entériner le retrait des forces françaises et européennes du Mali, ainsi qu’un redéploiement régional dans le cadre de la poursuite de la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel.

Outre Macron, les dirigeants de la Mauritanie, du Niger et du Tchad ont participé à la réunion, ainsi que des pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’Ivoire, Togo, Ghana) qui font face à une escalade de la menace terroriste.

Alors que le Mali, dont l’adhésion aux instances de l’Union africaine a été suspendue, était absent de la réunion, ainsi que le Burkina Faso suite au coup d’Etat.

La décision de la France de se retirer du Mali intervient dans une période sensible pour le président Emmanuel Macron, qui devrait annoncer prochainement sa candidature à un second mandat.

Impossibilité de continuer

Compte tenu de la situation actuelle au Mali, le conseil militaire au pouvoir, après deux coups d’État depuis 2020, refuse d’organiser des élections depuis plusieurs années.

Le conseil militaire rejette également la présence militaire occidentale au Mali.

Face à cette situation, le ministre estonien de la Défense Kali Lanet a déclaré, il y a quelques jours : « Il est impossible de continuer dans ces conditions », notant que « tous les autres alliés partagent notre opinion », faisant référence aux obstacles que Bamako met au travail des partenaires étrangers.

Sur les 25 000 déployés au Sahel, environ 4 300 Français sont présents, dont 2 400 au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane, selon l’Elysée.

Selon une source proche de l’Elysée, qui s’est confiée à l’Agence France-Presse, Paris a promis de coordonner son retrait avec la mission des Nations unies ainsi que la mission de formation de l’Union européenne au Mali, à condition qu’elles continuent à bénéficier du soutien aérien et médical français sur place avant de transférer ces capacités.

L’avenir de la mission de l’ONU

Le retrait de la France et de ses alliés pose la question de l’avenir de la mission de l’ONU, forte de 15 000 hommes, qui a été créée en 2013 pour soutenir le processus politique au Mali.

Le départ des missions Takuba et Barkhane pourrait entraîner à moyen terme le départ des unités européennes qui contribuent à la mission de l’ONU.

Ce retrait jettera également un trouble sur les pays de la région qui sont menacés par des mouvements terroristes, selon les observateurs.