SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 6 December 2022, Tuesday |

La première apparition publique du chef des talibans depuis 2016

Pour sa première apparition publique depuis sa nomination en 2016, le chef suprême des talibans, le mollah Haibatullah Akhundzada, que certains considèrent comme étant tué et d’autres en fuite au Pakistan, a participé à un rassemblement dans une école coranique samedi soir à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, a annoncé dimanche le gouvernement des talibans.

Dans un message, reçu par l’AFP, le gouvernement taliban a indiqué que « le commandant des croyants, Sheikh Haibatullah Akhundzada, est apparu lors d’un grand rassemblement dans la célèbre école Dar Al-Ulum Al-Hakim et a parlé pendant dix minutes aux courageux soldats et étudiants. » Le gouvernement a joint à son annonce un enregistrement audio pour confirmer l’information.

Dans cet enregistrement audio distribué, on entend indistinctement la voix du mollah Akhundzada qui récite des prières.

Et une source locale a déclaré à l’agence que le Mullah Akhundzada est arrivé à cette école coranique de Kandahar dans un convoi de deux voitures sous très haute surveillance, et qu’aucune photo n’a pu être prise de lui.

Jusqu’au retrait américain du pays, personne ne savait où il se trouvait ni s’il était encore en vie. Les talibans n’ont diffusé qu’une seule photo de lui, le 25 mai 2016, sur laquelle il apparaît avec une barbe grise et portant un turban.

Et Akhundzada était relativement inconnu avant de prendre la tête du mouvement en 2016, succédant au mollah Akhtar Muhammad Mansour, tué dans une frappe par un drone américain au Pakistan. Il s’intéressait davantage aux questions judiciaires et religieuses qu’aux questions militaires.

Le fils du religieux, originaire de Kandahar, cœur des terres pachtounes du sud de l’Afghanistan et berceau des talibans, avait une grande influence au sein du mouvement avant d’être nommé à sa tête. Il était chargé de gérer son système judiciaire. Immédiatement après l’arrivée d’Akhundzada à la tête du mouvement, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaida, lui a annoncé son serment d’allégeance et l’a appelé « Commandant des croyants », ce qui a contribué à renforcer sa crédibilité dans le monde jihadiste.

En tant que « commandant suprême », Akhundzada est chargé de maintenir l’unité au sein du mouvement, une tâche complexe car des conflits internes ont provoqué des dissensions ces dernières années. Les talibans ont annoncé en septembre que leur chef suprême résidait « depuis le début » à Kandahar, après avoir longtemps gardé le silence sur ses allées et venues. Et ils ont confirmé à l’époque qu’il apparaîtrait « bientôt en public ».

« Nous tenons des réunions régulières avec lui au sujet du suivi de la situation en Afghanistan et de la façon dont notre gouvernement est géré », a déclaré mercredi à l’AFP le gouverneur de Kandahar, le mollah Yusuf Wafa.

Les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en août, coïncidant avec le retrait des États-Unis du pays après une guerre de 20 ans.

Les talibans cherchent à faire reconnaître par la communauté internationale la légitimité de leur autorité en Afghanistan et à obtenir de l’aide pour éviter au pays une catastrophe humanitaire et atténuer la crise économique étouffante dont il souffre.