SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 28 October 2021, Thursday |

La présidence française : 357 millions de dollars seront versés au Liban dans les 12 mois à venir

La présidence française a publié un communiqué sur la conférence internationale de soutien au peuple libanais en français et en anglais, vous trouverez ci-dessous le communiqué en français :

La Conférence internationale de soutien au peuple libanais s’est tenue le 4 août 2021 par vidéo, à l’initiative conjointe du Président de la République française et du Secrétaire général des Nations unies, avec la participation de 33 pays, 13 organisations internationales et 5 représentants de la société civile libanaise.

Il y a un an, une terrible explosion a détruit le port de Beyrouth et ses environs. La communauté internationale a exprimé sa solidarité, et a organisé une conférence le 9 août 2020 pour la réponse humanitaire urgente, et une autre conférence le 2 décembre 2020, pour fournir un soutien supplémentaire et s’engager dans les efforts de récupération à moyen terme.

Un an après l’explosion, les participants à la conférence et le peuple libanais ont commémoré cet anniversaire tragique, qui a vu une forte détérioration des conditions de vie de tous les Libanais, et un appel à la responsabilité de la classe politique libanaise pour que toute la lumière soit faite sur l’explosion.

Aujourd’hui, la crise touche tout le Liban et tous ses habitants. Cette crise est économique et financière, et elle est l’une des trois pires crises que le monde ait connues depuis le milieu du XIXe siècle, selon la Banque mondiale. C’est aussi une crise sociale, due à l’incapacité de fournir les matériaux de base et les services nécessaires à une grande partie de la population. C’est aussi une crise alimentaire qui se transforme en crise humanitaire. C’est une crise politique, dont la responsabilité repose sur les épaules des dirigeants politiques qui tergiversent à former un gouvernement capable de mettre en œuvre les réformes les plus nécessaires. Enfin, c’est une crise de confiance entre le peuple libanais et ses dirigeants, et entre ces derniers et la communauté internationale.

Dans ce cadre spécifique et difficile, la conférence s’est félicitée du fait que la totalité de l’aide promise il y a un an a été versée. Les participants ont répondu à une invitation humanitaire supplémentaire des Nations Unies d’un montant de 357 millions de dollars pour les 12 prochains mois, et ont promis un soutien financier de 370 millions de dollars, en plus de l’aide en nature. L’objectif est, notamment, de répondre aux besoins les plus urgents en matière de nourriture, de sécurité, d’eau, d’assainissement, de santé et d’éducation.

Les participants ont souligné que ce soutien vise à sauver des vies, et en aucun cas, une solution permanente aux difficultés auxquelles le Liban est confronté, ce qui nécessite d’abord la formation d’un gouvernement qui met en œuvre les réformes promises depuis la conférence CEDRE en 2018, qui s’est réuni le 1er septembre 2020, selon une feuille de route Il a été approuvé par les forces politiques libanaises. Les participants ont également souligné que la mise en œuvre de ces décisions reste indispensable à tout soutien financier structurel de leur part.

Les participants ont salué la désignation de M. Najib Mikati pour former le gouvernement, et ont appelé à la mise en place d’un gouvernement dont la mission est de sauver le pays. Une fois formé, il devra consacrer son temps à relancer, agir et conclure de bonne foi les négociations avec le FMI. Il devra également préparer les élections de 2022, qui devront être transparentes et équitables et se dérouler selon le programme prévu.

La conférence a discuté des mesures requises après l’aggravation de la crise.

La suppression des subventions sur les produits de première nécessité doit intervenir en même temps que la mise en place de filets de sécurité sociale, y compris la mise en œuvre immédiate du prêt du réseau d’urgence de la Banque mondiale pour les banques de sécurité sociale. La distribution des cartes prépayées et la préparation des règlements aux bénéficiaires qui en ont besoin, doivent se faire dans une transparence absolue.

Les participants ont noté que le cadre de la réforme, du redressement et de la reconstruction (3R) a été mis en œuvre, et permet une meilleure coordination des donateurs et un rôle essentiel pour la société civile. Par ailleurs, le Fonds financier libanais, créé par la Banque mondiale à partir de multiples donateurs, doit commencer à débourser ses allocations sans obstacles bureaucratiques dans les jours qui suivent la conférence, et verser les premiers dons aux petites et moyennes entreprises. Les contributeurs actuels encouragent les autres donateurs à les rejoindre.

A l’heure où l’économie libanaise souffre d’une profonde récession, le secteur financier et bancaire doit jouer son rôle naturel en finançant l’économie réelle. Les crises financières doivent être traitées immédiatement, selon un plan et une loi de décision bancaire basés sur des règles équitables et transparentes qui garantissent la participation des participants à cette crise financière.

Les participants ont noté que le Liban recevra bientôt sa part (environ 900 millions de dollars) d’aide internationale et inconditionnelle conformément aux droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, dans le but principal de faire face à la récession et aux conséquences des crises sur la santé publique. Ils ont recommandé que l’utilisation de ces ressources se fasse en toute transparence, et en communication avec la société civile, et qu’elles fassent l’objet d’un suivi et d’une évaluation en temps réel après leur utilisation, et enfin, de contribuer à l’élaboration de politiques populaires appropriées. Et ils ont convenu de suivre de près et de revenir sur ce sujet.

Les participants ont pris en compte le fait que, selon les attentes du peuple libanais, le système de développement du pays doit être réformé pour que le Liban revienne à un processus de développement durable et centré sur l’être humain. L’aide humanitaire ne peut pas constituer une solution à long terme, et le développement d’un programme avec le Fonds monétaire international doit être lié à la possibilité d’une gestion renouvelée et d’un nouveau système de développement qui a été inclus dans l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Les participants ont exprimé leur préoccupation quant au retard pris dans l’enquête sur l’explosion du 4 août. Ils se sont inquiétés de l’état opérationnel du port de Beyrouth et ont appelé les autorités libanaises à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour effectuer les réparations adéquates et reconstruire les parties du port qui ont été détruites.

La meilleure ressource du Liban est son peuple, et la crise et les répercussions des atermoiements politiques entraînent une augmentation du nombre de Libanais qui quittent leur pays. Il s’agit d’un danger majeur pour l’avenir du Liban, qui mine actuellement les secteurs d’élite au Liban, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Les participants ont souligné que la mise en place d’un gouvernement pour mettre en œuvre les réformes indispensables, et ce immédiatement, est la première étape d’un effort permanent pour faire face aux défis auxquels le Liban est confronté. Les participants sont aux côtés du peuple libanais dans sa démarche et entendent poursuivre le dialogue avec les institutions nationales et la société civile libanaises. Ils ont affirmé leur détermination à utiliser tous les moyens disponibles pour assurer un soutien direct au peuple. Cependant, l’économie structurelle et l’aide financière nécessiteront des changements profonds qui sont attendus de la part des dirigeants libanais.