SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 5 December 2022, Monday |

La situation s’aggrave… La fuite des Russes est devenue plus difficile

Avec le début de la guerre en Ukraine, les Russes ont commencé à chercher un moyen de fuir leur pays, pour échapper aux persécutions politiques et à l’effondrement de la situation économique dû aux sanctions occidentales.

Selon CNN, les recherches sur Google concernant les moyens de fuir la Russie ont atteint leur plus haut niveau depuis 10 ans après la première semaine de la guerre.

La chaîne américaine a confirmé que l’intérêt des Russes pour le thème de l’ « immigration » sur Google a quadruplé entre la mi-février et le début du mois de mars, et que les recherches sur les « visas de voyage » ont presque doublé, tandis que les taux de recherche pour l’ « asile politique » étaient 5 fois plus élevés qu’avant la guerre.

Elle a noté qu’il est difficile de dire combien de Russes ont déjà quitté le pays, ou seront effectivement en mesure de le faire. Elle a souligné que les restrictions financières, la montée aigue des prix des voyages et les voies de sortie limitées après la suspension des vols avec Moscou ont entravé le départ de beaucoup.

« Le 24 février, tout a changé, nos vies ont été divisées entre avant et après », a déclaré Veronica, une spécialiste du marketing numérique de 26 ans qui vit à Moscou.

Veronica a ajouté qu’elle a vu ses amis et collègues préparer soudainement leurs bagages, rompre les contrats de location et partir pour Erevan, Tbilissi et Istanbul avec leurs animaux de compagnie, quelques jours après avoir appris que la Russie avait attaqué l’Ukraine.

Mais elle a décidé de rester et de participer aux manifestations anti-guerre dans la capitale russe. Au début du mois de mars, Veronica a commencé à se rendre compte que la situation empirait.

« La police a commencé à arrêter les militants directement dans leurs appartements », dit-elle, ajoutant que la police est venue au domicile de ses parents en Sibérie pour la menacer.

Début mars, la Douma d’État a adopté une loi qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans pour la publication ou le partage d’informations sur la guerre que les autorités considèrent comme « fausses. »

Veronica a déclaré qu’ils ont rendu illégal l’utilisation du mot « guerre ».

Selon un récent sondage indépendant, 58% des Russes soutiennent la guerre contre l’Ukraine et seulement 17% pensent que la Russie a intensifié le conflit avec l’Ukraine.

Veronica et son partenaire ont entamé une démarche désespérée pour quitter la Russie. « Peu importe où nous allons, nous voulons juste nous échapper », a-t-elle ajouté.

Un billet pour un aller simple

Andrei Kolesnikov, chercheur principal au Carnegie Moscow Center, a déclaré que les persécutions politiques, la peur de la conscription et la conviction que la situation dans le pays ne s’améliorera pas dans un avenir proche poussent les gens à fuir la Russie.

« Au début de la guerre, mes amis et moi sommes allés manifester contre la guerre et des centaines de personnes ont été arrêtées », a déclaré Nikolai, 16 ans, qui a fui en Géorgie. Il a poursuivi : « La police arrête les gens dans la rue et dans les magasins et leur demande de voir leurs téléphones, leur Telegram et leurs médias sociaux, puis la police les prend et les détient. »

La mère de Nikolai a attendu environ une semaine, en espérant que la guerre termine, mais le 2 mars, elle lui a demandé de faire un test corona, et lui a acheté un billet pour un aller simple pour Erevan, en Arménie.

« Beaucoup de gens sont venus ici (en Géorgie) quand la guerre a commencé », a-t-il dit, ajoutant qu’il a rencontré des amis dont il ne savait même pas qu’ils étaient dans la capitale géorgienne.

La Géorgie est l’un des rares pays qui sont plus abordables et acceptent les Russes sans longues procédures de visa. Les autres options comprennent l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, ou des destinations de vacances populaires comme la Turquie, l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Mexique.

Ces dernières semaines, les vols quotidiens vers l’Arménie ont augmenté de près d’un tiers par rapport à la moyenne hivernale – pas moins de 34 avions ont quitté la Russie pour ce pays de moins de trois millions d’habitants le 6 mars. Les vols quotidiens vers le Kazakhstan et Israël ont également augmenté d’environ 50 %.

Il est difficile de savoir combien de personnes resteront dans ces pays, et combien continueront à se rendre dans les pays occidentaux ou aux États-Unis.

Mais avec le temps, la fuites de Russie est devenue de plus en plus difficiles. Veronica a déclaré qu’elle et son partenaire avaient déjà dépensé 260 000 roubles (environ 2 500 dollars) pour des billets de vols annulés qui n’ont toujours pas été remboursés.

Les tentatives de franchissement de la frontière terrestre constituent également un problème car la Russie a interdit à ses citoyens de quitter le pays par voie terrestre en 2020, officiellement en raison de la pandémie de coronavirus.

« Maintenant, il est presque impossible de quitter le pays, a déclaré Veronica. S’il existe des billets d’avion, ils sont trop chers pour nous. Nous sommes très peur. »

    la source :
  • Alhurra