SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 1 October 2022, Saturday |

L’arme nucléaire financière

Alors que les responsables européens et américains se préoccupent d’imposer des sanctions à Moscou et de resserrer l’étau autour d’elle, l’arme la plus mortelle et la plus dangereuse, autour de laquelle les dirigeants occidentaux sont divisés, est apparue au grand jour. Une « arme nucléaire financière », comme l’a décrite le ministre français des finances Bruno Le Maire.

Dans ce contexte, un rapport du journal américain « Washington Post » a révélé qu’elle est liée au système « SWIFT » (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications), le nom abrégé de l’Association pour les communications financières entre les banques dans le monde, qui relie plus de 11 000 institutions financières opérant dans plus de 200 pays et territoires.

Ce système est très important dans le système mondial car il envoie environ 42 millions de messages financiers par jour.

Parmi les sanctions proposées contre la Russie figure son isolement du régime « Swift », mais cette proposition a suscité une vague de divergences entre les pays occidentaux. Les pays d’Europe de l’Est et la France ont annoncé leur soutien à l’isolement de la Russie du régime « Swift », qui paralyse la capacité de l’économie russe à faire des affaires en dehors de ses frontières. Alors que le journal a révélé, en citant trois responsables européens, qui n’ont pas révélé leur identité, que l’Italie et l’Allemagne se sont opposées à l’isolement de la Russie du régime, car l’Allemagne craint l’impact de la décision sur les fournitures de gaz russe à l’Europe.

Vendredi, Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, a reconnu que les États membres du bloc n’avaient pas accepté d’inclure le système « Swift » dans les sanctions, tandis que le ministre français des finances, Le Maire, a souligné que l’isolement de la Russie du système « Swift » serait le « dernier recours » face à l’invasion russe pour l’Ukraine.

Une dynamique occidentale pour la prise de décision

Le Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union européenne ont déclaré vendredi qu’ils pourraient prendre des mesures pour exclure la Russie du système SWIFT de paiements interbancaires mondiaux dans le cadre d’une nouvelle série de sanctions visant à mettre un terme à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les responsables américains et européens pensent qu’une telle mesure pourrait intervenir dans les prochains jours, après que les responsables de deux pays européens qui avaient exprimé leur opposition – l’Allemagne et l’Italie – ont adouci leur opposition à l’expulsion de la Russie du principal réseau mondial de paiements internationaux.

Une telle mesure nuirait au commerce russe et rendrait les affaires difficiles pour les entreprises russes.

Nouvelle escalade

Cette mesure marquerait une nouvelle escalade des sanctions coordonnées imposées par les puissances occidentales à la Russie cette semaine, notamment les rares sanctions visant le président russe Vladimir Poutine et le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov vendredi.

Les puissances occidentales s’empressent d’intensifier la pression sur Moscou après que les forces russes ont lancé aux premières heures de la matinée de jeudi la plus grande offensive lancée par un pays contre un autre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

En début de semaine, des sanctions visant les banques russes ont été annoncées.

La présidente du Parlement européen, Roberta Mitsola, a déclaré vendredi que le fait d’empêcher la Russie de rejoindre le système SWIFT pourrait faire partie d’une nouvelle série de sanctions.

L’Italie décide

L’Italie, qui s’est montrée hésitante à prendre une telle mesure, a annoncé vendredi qu’elle ne poserait pas son veto aux propositions visant à interdire la Russie et a promis de continuer à travailler en harmonie avec ses partenaires de l’Union européenne.

Le ministre allemand des finances, Christian Lindner, a déclaré vendredi que l’Allemagne, est également ouverte à l’idée de suspendre la Russie du système SWIFT, mais qu’elle doit en calculer les conséquences pour son économie.

À son tour, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué que son pays soutenait fermement l’idée d’empêcher la Russie de faire partie de ce système. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également appelé vendredi les dirigeants des États membres de l’OTAN à prendre des mesures immédiates pour sortir la Russie du système Swift.

La décision pourrait être publiée dans les prochains jours

En outre, Josep Borrell, coordinateur de la politique étrangère de l’Union européenne, a indiqué qu’une décision sur Swift pourrait être publiée dans les « prochains jours. »

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a également noté que le retrait de la Russie du régime Swift « reste une option sur la table » et a souligné que le président Joe Biden préférait des démarches effectuées avec les alliés.

Un autre responsable américain, qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement, a été cité par Reuters comme ayant déclaré que d’autres sanctions occidentales sont attendues si la capitale ukrainienne, Kiev, tombe, ce qui, selon les responsables occidentaux, pourrait se produire dans les jours à venir.

    la source :
  • alarabiya