SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 22 January 2022, Saturday |

L’armée israélienne se prépare à attaquer l’Iran

Les médias hébraïques ont rapporté que l’armée israélienne a déclaré au niveau politique qu’il lui est difficile de déterminer les résultats et l’impact d’une attaque en Iran sur le programme nucléaire.

Aujourd’hui, mercredi, le journal Haaretz a rapporté que les évaluations de l’armée ont eu lieu lors de son examen de plusieurs scénarios pour une éventuelle attaque contre l’Iran devant le niveau politique.

L’armée israélienne se prépare à une attaque contre l’Iran, après avoir ajouté neuf milliards de shekels à son budget ces derniers jours, afin de financer l’achat de grandes quantités de munitions avancées, l’entraînement des forces aériennes et la collecte de renseignements sur des cibles précises. Selon le journal, l’armée israélienne a informé le niveau politique qu’elle sera prête à attaquer l’Iran lorsque le gouvernement en décidera ainsi.

Cependant, les évaluations de l’armée israélienne indiquent que l’Iran a développé son système de défense aérienne ces dernières années, de sorte qu’une attaque israélienne nécessite des capacités plus élevées et plus précises. L’Iran a également réussi à augmenter considérablement son système de missiles à longue portée, et à frapper n’importe quel point en Israël. Par conséquent, l’armée israélienne a conclu des contrats d’une valeur de plusieurs milliards de shekels afin de renforcer et d’étendre son système de défense aérienne dans tout le pays, selon le journal.

Aussi, des sources militaires israéliennes ont déclaré que ces préparatifs incluent la préparation aux conséquences d’un ciblage des installations nucléaires iraniennes, y compris une guerre contre le Hezbollah et le Hamas. Dans ce contexte, les mêmes sources ont déclaré que l’armée israélienne se prépare à ce qu’elle décrit comme « recueillir un lourd tribut » de la part des deux mouvements et à réaliser de « grandes réalisations » sur ces deux fronts.

Selon les estimations présentées par l’armée israélienne au niveau politique, l’Iran pourrait fabriquer une bombe nucléaire en deux ans, s’il décidait de le faire.

Et le journal ajoute que l’armée israélienne coopère avec l’Egypte, la Jordanie, la Grèce, Chypre et avec les pays du Golfe pour mener à bien diverses opérations, dont la coopération en matière de renseignement et la mise en échec d’activités dans la région. Il cite des sources de sécurité selon lesquelles cette coopération renforce les relations entre ces pays et devrait « accroître la légitimité d’une opération militaire israélienne en Iran pour ces pays. »

Parallèlement, le chef d’état-major des FDI, Aviv Kochavi, entamera au début de l’année prochaine la quatrième et dernière année de son mandat. A cette occasion, il a rencontré des correspondants militaires israéliens, en début de semaine. Cette rencontre a duré plus de cinq heures, selon Amos Harel, analyste militaire au Haaretz.

Il est apparu que l’essentiel de la rencontre avec les correspondants n’a pas été consacré au programme nucléaire iranien ou aux missiles de précision du Hezbollah, mais plutôt au mécontentement du grand public israélien quant à la qualité de la nourriture fournie par l’armée à ses soldats. « En 2021, avec un budget énorme, l’armée la plus avancée du Moyen-Orient a oublié de nourrir ses soldats », selon Harel.

Selon le correspondant militaire du journal Yedioth Ahronoth, Yossi Yehoshua, « Kochavi se rend compte qu’il ne peut pas terminer son mandat en raison de problèmes liés à la perte de confiance du public, et les raisons en sont la nourriture et les voyages des soldats. Il a donc décidé de se concentrer sur cette question et de fixer un objectif central pour l’armée israélienne au cours de l’année à venir, qui est de prendre soin de l’individu, en améliorant notamment la nourriture et les soins médicaux. »

Harel a noté que Kochavi se trouve actuellement dans un « endroit étrange », entre une « situation sécuritaire raisonnable » et des plaintes concernant « la vie quotidienne dans l’armée, ce qui nuit à la confiance du public dans Tsahal et ses officiers, comme le montrent deux récents sondages de l’Institut israélien pour la démocratie. »

Selon les analystes, « Kochavi s’en est rendu compte tardivement. Le chef d’état-major général et son entourage ont longtemps sous-estimé l’importance des justes plaintes, qui portaient non seulement sur la nourriture, mais aussi sur le transport peu sûr des soldats vers les bases militaires, les défauts des traitements médicaux, les relations répugnantes des officiers envers les soldats et la culture du mensonge dans les unités militaires. »

Ils soulignent que la question de la vie quotidienne des soldats inquiète l’opinion publique israélienne. « Les soldats réguliers sont aujourd’hui, comme leurs parents, conscients de leurs droits et se tournent rapidement vers les réseaux sociaux afin de protester contre les fautes et les injustices. La colère du public contre l’armée provient de la contradiction entre la détérioration des conditions du service militaire et le sentiment que la direction de l’armée se soucie d’elle-même et des hauts gradés du service permanent. »