SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 27 September 2022, Tuesday |

Le G7 menace d’imposer des « sanctions massives » à la Russie

Lundi, les ministres des finances du Groupe des Sept ont affirmé que leur pays était prêt à imposer des sanctions économiques et financières ayant des « conséquences énormes et immédiates » pour l’économie russe, tandis que l’Allemagne a appelé Moscou à fournir des « signaux immédiats » pour arrêter l’escalade de la crise ukrainienne.

Les ministres des finances des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, du Canada, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon ont annoncé dans un communiqué que « notre priorité immédiate est de soutenir les efforts visant à désamorcer la crise », mais le Groupe des sept grands pays présidé par l’Allemagne cette année a juré que « toute nouvelle agression militaire russe contre l’Ukraine sera suivie d’une réponse » rapide et efficace.

D’autre part, le chancelier allemand Olaf Scholz a demandé lundi à la Russie des « signaux immédiats pour réduire la tension » avant de se rendre à Kiev puis à Moscou pour tenter de repousser la menace d’une invasion russe en Ukraine, dans une crise sans précédent entre la Russie et l’Occident depuis la fin de la guerre froide.

« Nous attendons de Moscou des signes immédiats de désescalade », a écrit Scholz dans un tweet, avertissant qu’ « une nouvelle agression militaire entraînera de graves conséquences pour la Russie », qualifiant la situation de « toujours très, très dangereuse. »

Dans un contexte connexe, les autorités ukrainiennes ont officiellement exigé que la Russie justifie le déploiement de dizaines de milliers de soldats à la frontière avec l’Ukraine, ce qu’elle a refusé de faire jusqu’à présent.

L’Allemagne, accusée d’être trop indulgente à l’égard de la Russie, a durci le ton hier dimanche, le président allemand Frank-Walter Steinmeier ayant déclaré : « Nous sommes au milieu d’un conflit militaire, d’une guerre en Europe de l’Est, et la Russie en porte la responsabilité. »

L’ambassadeur russe en Suède, Viktor Tatarintsev, avait confirmé quelques heures auparavant, dans une interview au journal suédois « Aftonbladet », que Moscou « ne se soucie pas » des sanctions.

Une source au sein du gouvernement allemand a déclaré que la situation avait atteint un stade « critique », ajoutant : « Notre inquiétude a grandi… nous pensons que la situation est critique, très dangereuse », selon l’AFP.

La dernière chance

L’ambassadeur ukrainien en Allemagne, Andreï Melnik, a estimé dans une interview accordée au réseau allemand Bild dimanche soir que la visite de Scholz à Moscou est « probablement la dernière chance ».

« Nous avons le sentiment que la guerre devient plus inévitable », a-t-il ajouté. « Nous devons nous préparer au pire ».

Moscou, qui a annexé la péninsule de Crimée en 2014, nie avoir une quelconque intention d’agression envers l’Ukraine, mais exige une série de demandes pour mettre fin à l’escalade, notamment en veillant à ce que Kiev ne rejoigne pas l’OTAN, une condition rejetée par les Occidentaux.

Pour sa part, Scholz a prévenu que les sanctions occidentales seraient « immédiates » contre la Russie si elle envahissait l’Ukraine.

L’un des sujets que les Américains ont mis sur la table malgré les hésitations allemandes est l’avenir du gazoduc très contesté Nord Stream 2, qui a été construit pour acheminer le gaz russe vers l’Europe via l’Allemagne.

D’autre part, Berlin a été critiqué pour son refus de fournir des armes aux Ukrainiens. Le maire de Kiev, l’ancien champion de boxe Vitali Klitschko, qui a longtemps résidé en Allemagne et reste une figure célèbre, a demandé aux partenaires de « résoudre la question de savoir de quel côté ils se trouvent : du côté de l’Ukraine qui se défend ou du côté de l’agresseur. »

La tension a atteint son maximum en raison de la présence de 130 000 soldats russes stationnés le long de la frontière ukrainienne et effectuant des exercices militaires dans toutes les directions, en Bélarus au nord et dans la mer Noire au sud.

Biden est invité à se rendre à Kiev

Pendant ce temps, le président américain Joe Biden et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont convenu, lors d’un appel téléphonique dimanche, de poursuivre les approches de « diplomatie » et de « dissuasion » envers la Russie.

Zelensky a invité son homologue américain à se rendre à Kiev, afin de montrer le soutien de Washington à son pays face à la menace d’une invasion russe.

Selon la présidence ukrainienne, Zelensky aurait dit à Biden : « Je suis convaincu que votre visite à Kiev dans les prochains jours sera un signal fort et contribuera à stabiliser la situation. »

Mais Washington n’a jamais fait référence à cet appel dans son communiqué sur la conversation téléphonique entre les deux présidents, au cours de laquelle Biden a de nouveau promis une réponse « rapide et ferme » des États-Unis, en coordination avec leurs alliés, en cas d’attaque russe.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson prévoit de se rendre en Europe du Nord et dans les États baltes cette semaine afin de poursuivre ses efforts diplomatiques.

De son côté, l’Ukraine a demandé une réunion d’urgence avec la Russie, l’accusant de violer les règles de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en ne partageant pas les informations sur les mouvements massifs de soldats à la frontière ukrainienne.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kuleba, a déclaré que Moscou avait ignoré une demande de Kiev concernant le Document de Vienne, un texte de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) appelant à l’adoption de mesures de transparence parmi les forces armées des 57 États membres de l’organisation.

Il a ajouté : « L’Ukraine appelle à une réunion avec la Russie et tous les États membres (de l’OSCE) dans les 48 heures pour discuter des renforcements des forces russes le long de nos frontières et en Crimée occupée. »

Plusieurs pays occidentaux ont demandé à leurs ressortissants de quitter l’Ukraine ou ont commencé à évacuer leurs ambassades, tandis que la compagnie aérienne néerlandaise « KLM » a annoncé samedi la suspension de tous ses vols dans l’espace aérien ukrainien jusqu’à nouvel ordre.