SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 18 January 2022, Tuesday |

Le nombre de victimes des manifestations au Soudan augmente

Le Comité central des médecins soudanais a annoncé, lundi, la mort d’un jeune manifestant de 16 ans, décédé après avoir été blessé lors des manifestations contre le régime militaire dans le pays, dimanche, d’une grenade lacrymogène dans la tête, portant à 63 le nombre de morts depuis que l’armée a pris le contrôle du pouvoir en octobre dernier.

Le comité, accuse également l’armée de faire des descentes dans les établissements médicaux qui soignent régulièrement les manifestants blessés et d’attaquer leur personnel.

Le comité de soutien au mouvement de protestation a déclaré, dimanche, qu’un manifestant a été tué dans les manifestations après avoir été touché au cou par une grenade lacrymogène, mais n’a pas précisé l’endroit où le mort est tombé. Puis le comité a publié ce matin sur son compte Facebook le nouveau décès.

D’autre part, la police soudanaise a annoncé, dans un communiqué publié par l’Agence de presse soudanaise, lundi matin, qu’un citoyen a été tué lors des manifestations de dimanche et que 30 personnes ont été blessées, dont 22 membres du personnel de sécurité.

En outre, elle a ajouté qu’elle avait arrêté « 86 des accusés et pris les mesures légales nécessaires à leur encontre. »

Reuters a cité trois témoins dans les grandes villes qui ont déclaré que les forces de sécurité soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes sur des milliers de manifestants, dimanche.

Des milliers de manifestants ont manifesté d’Omdurman à Bahri, les deux villes voisines de la capitale, Khartoum, en scandant des slogans dénonçant le chef militaire, Abdel Fattah al-Burhan, qui a pris le pouvoir le 25 octobre et mis fin à un accord transitoire de partage du pouvoir avec les civils.

De plus, des manifestations distinctes ont eu lieu à Khartoum et dans d’autres villes du Soudan. Un témoin à Khartoum et un autre à Bahri ont déclaré que les forces de sécurité avaient également lancé des grenades assourdissantes sur les manifestants.

L’armée a justifié ce qu’elle avait fait en octobre dernier comme une « correction » nécessaire pour stabiliser le processus de transition et parvenir à des élections, après l’accord de partage du pouvoir conclu par l’armée et les civils à la suite du renversement de l’ancien président Omar el-Béchir en 2019.

Aussi, l’armée affirme que les manifestations pacifiques sont autorisées et que les responsables des pertes humaines devront rendre des comptes.

Et samedi dernier, les Nations unies ont annoncé qu’elles inviteraient les dirigeants de l’armée, des partis politiques et d’autres groupes au Soudan à des pourparlers dans le but de mettre fin à la crise provoquée par le coup d’État.