SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 21 October 2021, Thursday |

Le plan économique de Raissi en Iran est irréaliste et difficile à réaliser

Les crises économiques sont le plus grand défi que le nouveau président iranien, Ebrahim Raisssi, devra relever au cours de son premier mandat, selon un rapport du Conseil atlantique de Washington.

Le rapport indique qu’après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, l’économie iranienne s’est détériorée au cours des trois dernières années, et le taux de croissance du PIB a diminué de 6 % en 2018 et de 6,8 % en 2019, tandis que le taux d’inflation a augmenté à 34,6 % et 36,5 % en 2018 et 2019 respectivement.

Une grande partie de la baisse du PIB a également été liée à la chute massive des exportations de pétrole, qui sont passées de 62,7 milliards de dollars en 2018 à 29 milliards de dollars en 2020. En 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus et des sanctions américaines en cours, l’économie a lutté avec un taux d’inflation élevé de 36,5 %. pour cent, bien que le produit intérieur brut ait commencé à se redresser et ait augmenté de 1,5 % deux ans plus tard.

Le rapport indique qu’un discours majeur de son premier tour de campagne, le 27 mai, a porté sur sept promesses économiques, notamment : l’octroi de prêts à faible taux d’intérêt aux familles pauvres, l’augmentation de l’aide publique aux soins de santé, la construction de quatre millions de logements, la création de quatre millions d’emplois et la priorité accordée aux personnes à faible revenu et les diplômés de l’enseignement supérieur, et une réduction de loyer de 50 % à 30 %.

Le rapport estime que ces politiques peuvent sembler bonnes sur le papier, mais qu’en réalité elles sont irréalistes, se contredisent et sont difficiles à réaliser dans un avenir proche.

Par exemple, la promesse de construire quatre millions de logements rappelle une politique similaire menée sous l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, connue sous le nom de projet de logement « Mehr ».

Le projet, qui a débuté en 2007, visait à construire 2,4 millions de logements abordables pour les propriétaires d’un premier logement. Quatorze ans plus tard, seuls 2,2 millions de logements ont été construits. En 2014, le gouvernement d’Hassan Rouhani a accusé le programme de logement d’être le principal responsable de l’inflation dans le pays, car la Banque centrale d’Iran a dû imprimer davantage de monnaie pour payer le projet.

Le rapport souligne qu’il est difficile pour un président de tenir sa promesse de construire quatre millions de logements supplémentaires au cours des quatre prochaines années, compte tenu de cette grave crise économique.

Il a expliqué que le gouvernement iranien doit obtenir des fonds suffisants de la vente d’obligations d’État, des recettes pétrolières ou des recettes fiscales pour tenir ces promesses. Il convient de noter que la vente d’obligations d’État ne contribue qu’à 15 % des recettes publiques selon le plan budgétaire de mars 2021, ce qui en fait une source de revenus peu fiable pour atteindre les objectifs ambitieux de Raissi.

Il a noté que, bien qu’il soit tentant d’utiliser les revenus pétroliers pour financer ces objectifs, en particulier si les sanctions américaines sont levées dans le cadre de la relance de l’accord nucléaire, cette idée va à l’encontre d’un effort majeur visant à rendre les revenus du gouvernement indépendants du pétrole, et il est peu probable qu’il puisse poursuivre ses politiques expansionnistes sans utiliser les revenus pétroliers.

Selon le rapport, les objectifs économiques de Raisi manquent d’un plan détaillé et ne répondent pas aux principaux défis de l’économie iranienne, tels que la question de l’inflation, la dévaluation de la monnaie iranienne et le marché des taux de change.