SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 2 October 2022, Sunday |

Le Premier ministre éthiopien inaugure la première phase de production d’électricité

Les autorités éthiopiennes ont annoncé le début du processus de production d’électricité, aujourd’hui dimanche, à partir du barrage de la Renaissance, qu’elles ont construit sur le Nil Bleu.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a inauguré aujourd’hui la première phase de production d’électricité à partir du barrage de la Renaissance, lors d’un événement auquel ont assisté et participé des dizaines de responsables, parlementaires, dirigeants communautaires et chefs religieux, pour inaugurer une turbine sur un total de 13 avec une capacité de 350 mégawatts.

Un responsable du gouvernement éthiopien a déclaré à l’AFP:« Dimanche, la première opération de production d’électricité à partir du barrage commence ». Un autre responsable a confirmé cette information.

Les deux responsables ont également demandé à ne pas être nommés en l’absence de toute annonce officielle à cet égard de la part des autorités éthiopiennes.

L’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie négocient depuis 2011 pour parvenir à un accord sur le remplissage et l’exploitation du barrage, mais de longues négociations entre les trois pays n’ont pas encore abouti à un accord.

Au centre d’une querelle régionale

Il convient de noter que le barrage, qui devrait être le plus grand projet en Afrique de production d’électricité à partir de l’eau, est au centre d’un différend régional depuis que l’Éthiopie a lancé le projet en 2011.

Les pays en aval, voisins de l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan, craignent les répercussions du barrage sur leur sécurité hydrique, tandis qu’Addis-Abeba souligne son importance pour la production d’électricité et le développement.

Il n’y a pas encore eu de commentaire du Caire ou de Khartoum, qui demandent à l’Éthiopie de signer un accord juridique contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage, depuis le début de sa construction.

Plusieurs séries de conversations

Les trois gouvernements ont également tenu plusieurs séries de pourparlers qui, jusqu’à présent, n’ont abouti à aucune indication de percée.

Le projet, d’un coût de 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), vise à produire plus de 5 000 mégawatts d’électricité, soit plus du double de la production d’électricité de l’Éthiopie. L’Éthiopie prévoyait initialement de produire environ 6 500 mégawatts avant de revoir à la baisse son objectif.

Une menace existentielle

Il est à noter que le barrage de la Renaissance est situé sur le Nil Bleu dans la région de Benishangoul-Gemuz, à environ 30 km de la frontière avec le Soudan. Il mesure 1,8 km de long et 145 mètres de haut. Le Nil Bleu, qui prend sa source en Éthiopie, rencontre le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil, qui traverse le Soudan et l’Égypte et se jette dans la Méditerranée.

Pour l’Égypte, qui dépend du Nil pour fournir environ 97 % de ses besoins d’irrigation et d’eau potable, le barrage représente une menace existentielle.

De son côté, le Soudan espère que le projet contribuera à contrôler les crues annuelles, mais il craint que ses barrages ne soient endommagés en l’absence d’un accord sur l’exploitation du barrage de la Renaissance.

L’Échec des conversations

Les pourparlers tenus sous les auspices de l’Union africaine n’ont pas abouti à un accord tripartite sur le remplissage et l’exploitation du barrage. Le Caire et Khartoum ont exigé qu’Addis-Abeba cesse de remplir le réservoir du barrage jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.

Cependant, les responsables éthiopiens considèrent le remplissage du barrage comme une étape naturelle du processus de construction du barrage et il ne peut pas être arrêté.

En juillet dernier, le Conseil de sécurité avait initialement discuté du projet, mais l’Éthiopie, qui s’est longtemps opposée à la discussion de la question des barrages au Conseil de sécurité, a considéré la déclaration du Conseil comme une dérogation « inutile » à la voie menée par l’Union africaine.

En septembre, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration recommandant à l’Égypte, à l’Éthiopie et au Soudan de reprendre les négociations sous les auspices de l’Union africaine.

Un droit historique

L’Egypte adhère à son « droit historique » sur les eaux du Nil, qui est garanti par une série d’accords conclus depuis 1929. A cette époque, l’Egypte a obtenu le droit de veto pour construire tout projet sur le fleuve. En 1959, en vertu d’un accord avec Khartoum sur la répartition des eaux du Nil, l’Égypte obtient 66 % du débit annuel du Nil, contre 22 % pour le Soudan.

Cependant, l’Éthiopie n’est pas partie à ces accords et ne les considère pas comme légaux.

La phase de remplissage de l’immense réservoir du barrage a commencé en 2020 et l’Éthiopie a annoncé en juillet de la même année qu’elle avait atteint l’objectif de remplir 4,9 milliards de mètres cubes.

La capacité totale du réservoir est de 74 milliards de mètres cubes d’eau, et l’objectif en 2021 était d’en ajouter 13,5 milliards.

Et en juillet dernier, l’Éthiopie a annoncé qu’elle avait atteint cet objectif, ce qui signifie qu’elle contiendrait suffisamment d’eau pour commencer à produire de l’énergie, même si certains experts en doutaient.

    la source :
  • alarabiya