SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 20 May 2022, Friday |

Le secrétaire général de l’OTAN : Nous renforcerons nos forces aux frontières de la Russie en cas d’ « escalade » contre l’Ukraine

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a confirmé la possibilité de renforcer les forces militaires de l’alliance aux frontières de la Russie, si Moscou intensifie ses mesures contre l’Ukraine.

« Plus nous constatons une escalade de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, plus nous déploierons un grand nombre de soldats de l’OTAN sur le front oriental de l’alliance, sur les territoires des États membres », a déclaré Stoltenberg dans une interview accordée aujourd’hui, vendredi, à la radio russe « Echo de Moscou ».

Stoltenberg a noté que l’OTAN a renforcé sa présence militaire sur le front oriental depuis 2014, en déployant des forces supplémentaires dans les États baltes, en Pologne et dans la région de la mer Noire.

Et il a prévenu que la Russie « paiera un lourd tribut si elle s’ingère en Ukraine », notamment par des sanctions économiques, suggérant que le niveau d’entraînement de l’armée ukrainienne dépasse largement ce qu’il était en 2014.

Dans le même temps, il a insisté sur le fait que l’OTAN « ne constitue pas une menace pour la Russie » et « ne souhaite pas le déclenchement d’une nouvelle confrontation militaire en Europe », soulignant que ce scénario n’est pas dans l’intérêt du peuple russe.

Aussi, il a poursuivi : « Nous sommes prêts à tous les scénarios, et nous travaillons à la mise en œuvre d’une solution politique, qui est le meilleur scénario, mais nous sommes également préparés au pire, qui est la possibilité d’une nouvelle confrontation militaire et l’utilisation par la Russie de ses forces à nouveau contre son voisin l’Ukraine. »

Stoltenberg a déclaré que l’OTAN n’a pas l’intention de déployer ses soldats sur le territoire de l’Ukraine, et que ce pays est un « allié précieux », mais qu’il n’est pas membre de l’alliance.

Il a ajouté que l’OTAN est prête à s’asseoir à la table du dialogue avec la Russie et à discuter de ses préoccupations en matière de sécurité.

De plus, Stoltenberg a réitéré le rejet par l’OTAN de la demande fondamentale de la Russie formulée dans le cadre de l’Initiative sur les garanties de sécurité en Europe, qui est de stopper l’expansion de l’OTAN vers l’est.

Stoltenberg a souligné que « les portes de l’OTAN sont toujours ouvertes, mais il n’a jamais forcé aucun pays à devenir membre ».

La Russie s’appuie, dans sa demande de stopper l’expansion de l’OTAN à l’est, sur les documents internationaux conclus au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, notamment le « Document d’Istanbul » (1999) et la « Déclaration d’Astana » (2010), où les membres de l’organisation, y compris les États-Unis, se sont engagés à respecter le principe d’une sécurité commune inatteignable. Ce principe stipule qu’aucun pays n’a le droit de renforcer sa sécurité au détriment d’autres pays, et ce principe concerne également les alliances militaires.