SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 3 December 2022, Saturday |

Les États-Unis imposent des sanctions à l’Érythrée

Vendredi, les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée et au parti au pouvoir en Érythrée, dans le cadre des efforts déployés par Washington pour mettre fin au conflit dans la région du Tigré.

À la veille d’une tournée africaine qui débutera la semaine prochaine, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé à de nouvelles discussions entre Addis-Abeba et les rebelles.

Il a averti que l’absence d’accord entre les parties au conflit « entraînera l’implosion de l’Éthiopie de l’intérieur, ce qui aura des répercussions sur les autres pays de la région ».

Il a également souligné que « l’autre option est de mettre fin à toutes les actions militaires en cours et de s’asseoir à la table pour négocier un véritable cessez-le-feu, permettant à l’aide humanitaire d’atteindre toutes les zones où la population en a besoin. »

L’administration américaine a condamné à la fois le Front populaire de libération du Tigré et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, un ancien allié et lauréat du prix Nobel de la paix, pour leur rôle dans ce conflit qui a fait des milliers de morts il y a un an et laissé des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies.

Début novembre, une enquête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a conclu à de possibles crimes contre l’humanité commis par toutes les parties en Éthiopie.

Ces derniers jours, les diplomates étrangers ont intensifié leurs efforts pour tenter de négocier un cessez-le-feu en Éthiopie.

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine, et l’envoyé américain Jeffrey Feltman se sont rendus en Éthiopie cette semaine.

Jeudi, Addis-Abeba a posé des conditions aux pourparlers avec le Front populaire de libération du Tigré, qui a remporté d’importantes victoires territoriales ces dernières semaines, et n’a pas exclu de marcher sur la capitale.

Parmi ces conditions figurent un cessez-le-feu, le retrait des rebelles d’Amhara et d’Afar, et la reconnaissance de la légitimité du gouvernement central.

D’autre part, le Front de libération du peuple du Tigré a exigé l’entrée de l’aide humanitaire dans la région du Tigré, après que celle-ci se soit arrêtée le 18 octobre, alors que 364 camions sont en attente d’approbation, selon les Nations unies.

De son côté, le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui est originaire du Tigré, a condamné vendredi le « blocus systématique » de cette région, qui empêche l’envoi de nourriture et de médicaments à ses habitants.

« Les gens meurent par manque de fournitures », a-t-il déclaré à Genève.

Les autorités éthiopiennes sont également accusées de harceler ou d’arrêter des Tigréens travaillant pour des agences de l’ONU, selon l’AFP.