SAWT BEIRUT INTERNATIONAL

| 2 October 2022, Sunday |

Les Européens imposent des sanctions contre Poutine et Lavrov

L’Union européenne a ajouté vendredi le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la liste des personnes contre lesquelles elle a imposé des sanctions en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« C’est une étape importante. Les seuls dirigeants au monde contre lesquels l’Union européenne a imposé des sanctions sont le président syrien Bachar Al-Assad, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, et maintenant Poutine », a déclaré le ministre européen des Affaires étrangères Josep Borrell.

Le responsable de la politique étrangère de l’UE a fait cette déclaration à l’issue d’une réunion au cours de laquelle les ministres des affaires étrangères des 27 États membres du bloc ont formellement approuvé un train de sanctions sans précédent contre la Russie que les chefs d’État et de gouvernement européens avaient annoncé jeudi soir.

Borrell a expliqué que les sanctions imposées par l’UE à Poutine et à Lavrov sont « les mêmes » que celles qu’elle a imposées au reste des personnes figurant sur la liste noire européenne, y compris le « gel des avoirs ».

À son tour, la Grande-Bretagne a annoncé des sanctions « imminentes » qu’elle imposerait à Poutine et à Lavrov.

Et la liste noire européenne comprend désormais les noms de tous les membres de la Chambre des représentants russe (Douma), en plus de 26 personnalités du secteur commercial russe.

Les personnes sanctionnées sont également interdites d’entrée sur le territoire européen.

Borrell a souligné « à quel point la situation est dangereuse », décrivant ce train de sanctions comme « le plus rigoureux jamais adopté. »

Le ministre des affaires étrangères a averti que l’Union européenne pourrait imposer d’autres mesures de rétorsion à la Russie si nécessaire, mais « pour l’instant, nous devons concentrer nos efforts sur la mise en œuvre » des mesures qui ont été décidées.

Les sanctions européennes ont considérablement limité l’accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, augmentant le coût du financement de sa dette souveraine.

Les sanctions européennes limiteront également la capacité de la Russie à acquérir des technologies de base, en la privant de composants et de programmes électroniques, ce qui nuira gravement à son économie.

En vertu des sanctions, l’exportation vers la Russie d’avions, de pièces détachées et d’équipements pour l’industrie aérospatiale, ainsi que de technologies de raffinage liées à l’industrie pétrolière, est interdite.

Ces restrictions concernent également les biens à double usage (civil et militaire). Les sanctions interdisent aux banques de l’UE d’accepter des dépôts de citoyens russes de plus de 100 000 euros, et interdisent à de nombreuses entreprises d’État russes de recevoir des fonds européens.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé que la Russie soit exclue du « système de messages bancaires rapides » de Swift, principal outil des transactions financières internationales, dans l’intention de l’isoler financièrement du reste du monde, comme cela s’est produit avec l’Iran fin 2019, mais sa demande n’a pas trouvé le consensus des 27 pays.

Environ 300 banques et institutions russes utilisent le système SWIFT pour transférer des fonds entre banques.

Au premier rang des pays européens qui se sont opposés à l’exclusion de la Russie du système « Swift » figure l’Allemagne, qui dépend fortement du gaz russe pour son approvisionnement et préfère envisager plus tard la possibilité de recourir à cette procédure.

« Cette question a été examinée mais pour l’instant il n’y a pas le consensus nécessaire, donc elle ne fait pas partie du dispositif », a déclaré Borrell, soulignant que cette mesure reste une « possibilité » pour l’avenir.

    la source :
  • AFP